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Un premier morceau qui m’intrigue comme la pochette d’un livre, passant des doutes à l’espoir et inversement. Entrée dans un univers étrange où tout semble possible...dès "Wedding day massacre" c’est sûr, les doutes s’envolent, les espoirs sont comblés et se métamorphosent en émerveillement.

Alors il y a la voix. Quelle voix ! D’une précision et d’une sensibilité extrêmes. Avec son timbre haut et virevoltant Jonny Balzabo Brookes nous offre une des voix les plus singulières, un atout majeur pour l’identité de Phantom Buffalo qui confirme avec ce quatrième album son statut d’incontournable. Je tente un rapprochement...Je fis partie de ceux qui furent conquis par l’arrivée de Fleet Foxes, ce son 60’s proche de The Byrds et cette voix digne de David Crosby. Et bien Phantom Buffalo me rappelle Buffalo Springfield (coïncidence patronymique ?) dont les deux premiers albums sont, à mon humble avis, inégalables.

Même qualité d’écriture, naturel, identité forte, mélodies ciselées. Le son de Phantom Buffalo est extraordinaire, équilibre parfait fait de sobriété et de judicieux choix d’instrumentation. "Foghorn" est une leçon de limpidité et simplicité accrocheuse. Dépaysement 60’s californien garanti, du son au format court (2 minutes) très en vogue dans la jeunesse de mes parents (plutôt grands parents pour nos jeunes lecteurs...).

Si le son a une identité très vintage (ah cette batterie, je veux ce son !), la production reste moderne et très fine, je dis bravo à l’ingé son ! Coup de cœur pour le magnifique "Amateur florist" ! Petit effet à la Elliott Smith sur la voix pour un titre à la saveur pop et à la douce mélancolie dont le break nostalgique ravivera la flamme des fans de Love. "Stark Glass Man" a la légèreté pop qui m’aidait à flotter sur le "Sumday" de Grandaddy tandis que "Field & forest" offre une petite échappée folk intemporelle avant le tube conquérant "Horse named Reginald". La parcimonie est un talent subtil !

Encore un coup de cœur pour "Oldest man" et son thème presque cinématographique. La flûte traversière c’est magique, et puis la coda est magistrale.

"Frost throat" créé la surprise avec son entrée à la Black Sabbath pour mieux repartir ensuite sur leur territoire. J’aime beaucoup la rythmique fine et inventive du couplet. L’intro est reprise avec un phaser sur la voix et là je deviens dingue, on nage en plein Soundgarden de "Down on the upside", d’autant que le solo qui suit n’est pas sans rappeler le génial Kim Thayil ! Une très cohérente ballade dans des territoires si diversifiés ! Et puis bon voilà, on parle toujours de grands références, principalement pour vous aider à vous diriger, mais ce titre m’a aussi fait penser à un groupe dont nous pouvons être fiers, car oui notre France musicalement mal médiatisée compte en son sein mal tété une scène indie qui s’embellit (mes dernières claques sont françaises...). Je parle de Mars Red Sky, que je vous encourage à découvrir. Le rapprochement se limite au génialissime morceau "Up the stairs", car le reste est très stoner. Pourtant la voix de Julien Pras n’est pas sans rappeler celle qui nous émerveille aujourd’hui ! Je pourrais taper un paragraphe par chanson, au risque de vous perdre en route et de vous gâcher le plaisir de ce groupe qui ne se refuse rien, pour un voyage sur une île dont les seules limites sont l’imagination. Ah "Flag City" et son départ dans les terres de Neil Young vers les deux minutes, en plein dans mon disque préféré à savoir "Everybody knows this is nowhere". Treize titres soignés contenant tous une pièce de l’immense puzzle de l’identité du groupe (brr la magnifique fin du dernier morceau).

Bienvenue sur l’île de Tadaloora avec sa pochette très seventies qu’on dirait un album concept de rock progressif ! Une île qui permet ainsi une échappée complète, épanouissant la musique au delà de simples chansons pour l’étendre à un univers complet. Ce disque d’obédience folk pop nous irradie de sa grâce, de ses références subtiles et étendues jusqu’à son univers loufoque digne d’un délire de Genesis.




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