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Anglophones, sautez les présentations (english speaking people, err please do not read below, the two paragraphs you know, there are useless stuff) et jump into ce texte presque parfait (quoique concentré sur ce qu’il a fait avant) : http://www.punk77.co.uk/groups/patrikfitzgerald.htm

J’ai rencontré les chansons de Patrik Fitzgerald sur Internet. J’en ai traduit certains textes avec Google Trad. J’ai été tétanisé par ces chansons d’amour et de reproche, de frustration et de contemplation, de colère, de poésie, au chaud derrière mon écran, bien loin de 1977 (date de ses premiers et déjà inclassables premières chansons), de toute émeute, en bon petit esthète licencié en lettres. (Mention passable, c’est une mention ?)

Je lui ai demandé de venir à Clermont-Ferrand, parce que c’était censé être sur la route. C’était le bordel, ils venaient d’Allemagne ou de Suisse, même pas compris, il y a eu du monde mais tout le monde était parti quand j’ai passé le chapeau, la sono déconnait, mais c’était beau.

Maintenant, 14 février avec 39 de fièvre, je réécoute son album.

Il est globalement déprimant, ça sent les embrouilles, l’alcool, les plans louses et le rejet, ça reste du punk, mais du punk qui serre et grince des dents tout le temps, pas du gueulard sûr de son bon droit. Du punk ardent teinté de doutes.

Il y a cette voix terrible, avec des arabesques à la Satie, aussi pures, autant de nulle part, ce flow calme et précis, qu’on sent toujours à deux doigts du sourire amer, du sarcasme, et qu’une tristesse tranquille, un lyrisme retenu, apaise.

Il y a ces monotonies de synthés (arf, parfois ça loupe un peu à mon sens, "serving classes" erre un peu vers la face sombre des productions des années 1990) et ces éclaircies de guitares ("amateur" quel sourire pop).

Il y a cette élégance impitoyable de l’écriture. Cette solitude. Cette drôlerie. C’est poétique (mais dans un genre bukowskien, pas Lamartine trop), inspirant, juste, riche. Il faut lire ces textes.

Il y a un amour sublime pour la musique, et une absence de préjugés vis-à-vis des codes de genres musicaux, une défiance vis-à-vis des poses, rares, et purée d’appréciables en soi (même si bon "serving classes", arf, moi c’est cette réverb sur la caisse claire, comment dire...).

Sinon : pensons à Young Marble Giants, pensons aux Smiths, pensons bizarrement à Coltrane, pensons à des Jeffrey Lewis, à des Leonard Cohen, à du Kerouac tout cru, et repensons à ce type qui buvait des bières à Clermont-Ferrand le je ne sais plus combien de sans doute janvier 2013. Il y a une lignée, il y a un fil invisible que ça fait même un peu mauviette d’en parler, jetons-nous des fleurs vénéneuses et changeons le fût.

Rho je ne sais pas parler de musique, ça se saurait, mais je n’ai trouvé de personne d’autre ici pour faire mention de ce beau disque. Que personne n’écoute ça, que jamais personne n’en parle, voilà de quoi choper la crève, être de mauvaise humeur et terminer une chronique de Saint-Valentin en engueulant tout le monde, sans distinction de classe ou de genre.

Enfin bon, love love quoi. Et choppez ce disque, je vous en conjure. Pas d’Itunes ni de Deezer, (on retrouve la pointe d’anti-conformisme, option intégrité artistique et fais-le-toi-même), on ne trouve même pas de youtubes de ses morceaux récents, rien à vous faire écouter, (seulement cet ensemble subtil d’impression éparses), le plus simple doit être de lui acheter sur place quand il passe en France (mais là c’était la première fois depuis le début, depuis 1977) ou d’user de ce formidable moyen de communication moderne qu’on nomme le web : http://www.patrikfitzgerald.co.uk/

Et il y a aussi son soundcloud, régulièrement enrichi de travaux en cours et de lives ou de collaborations : https://soundcloud.com/patrik-fitzgerald

Kreu ! Kreu ! Toussa-t-il.




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