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Voici "Stories from birds and horses" de Winter By Lake, projet solo de Nicolas Cancel. Un premier disque raffiné, soyeux, réfléchi, envoutant. Huit titres servis par un son superbe, huit moments de suspension, en l’honneur de l’hiver, cette saison où tout s’arrête, pour attendre, avant de repartir de plus belle. Et quoi de mieux que de décorer l’attente ? Nicolas a tout fait seul, jusqu’au graphisme, dans son terrier. Au lieu d’hiberner, il a mis à profit le retrait pour mieux couver son album, l’aider à bien grandir, d’où cette maturité. Une écoute au casque permet de développer chaque flocon du disque. On savoure alors au mieux le moindre petit détail, la moindre ponctuation parcourant l’univers sonore de ce tableau de l’hiver qui prend alors vie dans nos oreilles pour nous propulser entièrement. Où ? Vers des horizons froids, peints avec des guitares aériennes, planantes, contrebalancées par des arrangements électroniques pointilleux, pour un style particulier vacillant entre folktronica, alternatif, planant. In the hood, morceau d’ouverture, nous introduit en douceur avant de nous extraire totalement du monde avec une superbe montée guidée par une agréable mélancolie. ...Le second titre est entraînant avec une mélodie qui interpelle et un glockenspiel accentuant le côté hivernal, très bien appuyé par les sons électroniques. Les changements de rythmes sont bien sentis. Dark beings développe de très belles mélodies où la voix se fait plus entendre. Asleep porte bien son nom jusqu’à une montée en intensité qui transporte loin. Grey Scale est enchanteur, avec ses sons très cristallins, comme s’il jouait sur des morceaux de glace faits instruments pour l’occasion. La guitare a un crunch parfait, qui caresse agréablement les oreilles. C’est le guitariste qui vous parle là, j’aime ce genre de son qui dorlote. Chaque titre est nécessaire dans cette échappée, c’est rare que chaque morceau d’un album soit aussi égal en qualité et en idée. Les arrangements sont inventifs et participe parfaitement de la construction du décor sonore, tout comme les textes. Le disque a un fort effet hypnotique, si bien qu’il finit sans qu’on le sente passer, comme s’il nous avait suspendu ou emporté avec lui. Il nous laisse comme engourdi dans cette réalité dont il venait de nous extraire. Et si j’attendais parfois que la voix, presque résignée, s’envole, elle s’avère tellement cohérente avec l’univers du disque que tout paraît aussi évident que complexe. Complexe car l’album est plein d’entrées possibles, d’interprétations, de ressentis. Parfois il me rappelle les deux premiers Syd Matters ou encore Hood, voire, d’un peu plus loin, certains des morceaux les plus inspirés de Air. Présenté dans un beau digipack sorti sur son propre label Travelling music, le disque a été masterisé par Harris Newman, connu pour son travail sur les groupes du label constellation. Deux nouveaux titres sont en écoute sur la page bandcamp :

http://winterbylake.com/2011/12/21/listen-two-unreleased-tracks-from-stories-from-birds-and-horses/

Barclau