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Je pourrais par cette chronique signer l’oraison funèbre de Dirge, le groupe ayant décidé de baisser pavillon, de se saborder, mais avec classe, en nous offrant un dernier album, une épitaphe ultime sur une carrière souterraine d’une haute exigence.

Dirge j’ai d’abord aimé ce nom, à prononcer à l’américaine, presque un mot à vous transformer le temps de la seconde que vous prendra la prononciation. J’ai ensuite aimé cette absence de style manufacturé, cette vie en marge des courants, souvent d’air, cette propension à essayer de fuir le confort des étiquettes, même celle bien collante du post rock. A l’image du « Tout doit disparaître », testament des Thugs, « Where (No One Has A Name) » est touchant. Touchant car l’émotion est présente entre chaque mots chaque notes. Jamais tire larme, l’album a la beauté d’un adieu que l’on espère être un au revoir.

La beauté de « Love/song », qui introduit le disque est à mettre dans l’encyclopédie des chansons intimes que l’on voudraient partager avec le plus grand monde, histoire de fraterniser avec autre chose que des bons sentiments niaiseux ou de la joie surfaite. Grand émotif que je suis, je ne peux me contenir en écoutant cette chanson, qui aurait pu tout aussi bien clôturer le disque. Il y a tout dans cette fresque de sept minutes que Tim Booth aurait certainement adoré chanter. Dirge reste digne, droit, d’une humilité rare, car même dans la musique souterraine certaines taupes aveugles aiment à se croire sous les lumières de la gloire. Il y a des tremolos, mais ils sont chez l’auditeur. « We Will Find Our Way » disent ils sur la chanson du même nom, réussissant la jonction entre ce nouveau style plus mélodique, et le post rock originel, qui lui au final n’aura jamais eu la peau de Dirge.

Mélancolique, étonnant pour le changement opéré alors que le groupe ferme boutique, ce dernier album de Dirge nous donne des réponses, mais surtout des regrets, énormes regrets. Il faudrait peser le pourquoi de la déception, si celle ci est portée par une fin à réussir à tout prix, ou si le groupe en mettant un point final avec cet enregistrement, voulait s’offrir une pierre tombale qui fera gonfler notre souvenir. Dirge nous dit adieu avec classe, comme son nom....ou au revoir ?




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