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Si Godard est un musicien qui passe par le cinéma, par l’image pour nous écrire une mélodie (pour vous en convaincre regardez ses histoires du cinéma et laissez vous bercer par les sons de sa machine à écrire, et par la mélodie de son phrasé) microfilm est un groupe qui utilise la musique pour faire des films, pour parler de cinéma, sans jamais proposer des images. Après « A Journey To The 75th », le groupe est de retour avec un procédé à l’identique, l’accompagnement musicale de dialogue de films que l’on jure existant, mais que l’on imagine, que l’on soupçonne inventé. Si les maitres du genre pouvaient se trouver du côté de Toulouse avec Diabologum, chez Microfilm le procédé n’est pas le même. On coupe les bandes, on élague, on répète, construisant presque une chanson autour d’un matériel que Diabologum n’aurait pas transformé, prenant le bloc d’une traite, s’accordant peut être une coupure pour répondre à des exigences de la temporisation. Comme un polar qui serait tourné par un Cassavetes qui aurait comme scénariste Fante qui transposerait son écriture dans l’univers d’un Jules Verne dont nous aurions castré l’imagination. D’obédience postrockienne, car infligeant aux répliques des coups de rabots pour mieux profiter de la répétition, « The Bay Of Future Passed » a aussi des contours pop, pour cela il suffit d’écouter un titre comme « Devant Nous Rien » à qui il manque des paroles pour sortir d’un carcan instrumental réducteur. Microfilm semble vouloir installer son art sur un nouveau format, quitter le court métrage pour une œuvre plus massive, au carrefour d’une grande palette d’émotions. Demain dans les salles.




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