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Pour ce troisième album, la douce Shelley n’a rien changé à sa façon d’exister et de travailler. Cette originaire de Portland n’est pas à proprement parler une décroissante, mais elle peut vous parler de l’autarcie comme d’une façon unique de se connaître, et de pouvoir mieux partager par la suite. Pour les chansons de « A Cave, A Canoo » qui furent enregistrées pendant une bonne année, Shelley a donc ouvert sa porte à d’autres musiciens, certainement en partageant ses créations avant tout musicales, et probablement alimentaires ou littéraires. Chez elle on perçoit la même douceur que chez Hope Sandoval, sauf que si chez l’ex Mazzy Star on pouvait sentir de la peur, ici la notion de partage est importante, à condition que ce qu’il y a à partager en vaille la peine. Et les dix chansons de ce nouvel album réclament cette écoute. Inspiré par Nina Rota (Mokingbird) ou par David Lynch, ce disque ballade son folk d’espérance dans des nimbes qui elles réclament de se munir de son passeport pour le frisson. La construction est comme les baraques de pécheurs, qui comme le roseau pli mais ne rond pas. Elle peut prendre donc une forme débridée comme « Hard To Tell », ascétique au point de refuser la discussion entre les instruments, ce morceau nous ouvre les porte de chez Shelley par sa face la plus personnelle, mais aussi la plus violement impudique. Jouant donc de cette dualité entre solitude et serrure interdire, notre petite fée, joue, s’amuse, sautille sur les touches de son piano qu’elle partage au fond d’une cave avec ses rêves. Disque étrange, ce « A Cave, A Canoo » n’est pas un hymne pour le Copenhague de l’espoir fabriqué, il ressemble à l’aventure d’une jeune femme au pays des merveilles. Country Folk allongée dans l’herbe, la tête dans les étoiles.




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