> Critiques > Labelisés



L’affiche était alléchante. On imaginait un cocktail détonnant, d’un côté l’abrasivité, de l’autre le dilettantisme factice d’un orfèvre en minimalisme orchestrale, un habilleur version haute couture. On imaginait pas mal de bouteilles, un manteau Guy Cotten dressé sur les épaules histoire de fumer une énième clope entre deux prises, alors que le vent fait décoller les éoliennes. Le premier constat c’est que l’écriture de Christophe est de plus en plus musicale. Le chausse pied frôlait souvent le surmenage chez lui, sur Finistère tout rentre avec une délicatesse absolue, l’effet Tiersen ? Probablement. Les thèmes ne changent pas, mais ils s’affinent dans la dissection. Maintenant quand Christophe parle du travail, il décrit la mort et la destruction de celui, comme les frères Dardenne nous parlent de la détresse sociale, sans rien proposer certes, mais en nommant le mal sans aucune faute de ton. L’amour fait mal chez lui, comme « A Montparnasse », la gare de l’Ouest, la gare aussi des méandres d’escaliers à la frontière de la folie architecturale. L’évidence de la présence de Tiersen ne l’est pas, elle s’impose avec le temps, sa musique à l’image de sa modestie et de sa timidité qui n’est pas de façade. Yann offre à Christophe une lumière nouvelle. Jamais Miossec n’aurait prononcé valser de cette façon, le mot aurait été craché. Danser, valser, tourner sont ici bien plus que des verbes, ils s’animent, comme les mots de ses chansons qui trouvent ici des raisons d’exister, de respirer réellement. Un cocktail long en bouche donc, des chansons étonnantes (Jésus au PMU) ou tout simplement admirables (a t’on écrit déjà écrit une chanson comme « Une Fortune De Mer » ou quand Brel rencontre Gainsbourg) sur des musiques se jouant de la précipitation. Miossec dans une véritable terre d’asile accueillante.




 autres albums


 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.