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"On franchise" on démarque chante Arman Melies, ajoutant on s’équipe on s’air-bag, loin des espérances de son auteur, car Arman Melies lui se forge un monde ailleurs. Sa fragilité, sans être un confort factuel, est un paravent esthétique derrière lequel il peut nous laisser entrevoir une écriture tout aussi poignante (le troublant "sur nos fronts") et loin de son époque, qu’elliptique et touchant au présent (low cost). Ce paravent brodé se fond dans l’image, épousant comme la production et les arrangements une écriture qui n’a pas d’égal. Ancien pensionnaire d’une compilation de votre webzine favori, Arman Melies ne signe pas avec "les tortures volontaires" un remake du petit livre rouge du sadisme, mais plutôt le grand album des espaces infinis de l’existence sous les traits d’une folk féerique. Sur cet album Arman trouve chanson à sa voix, et prend les mots pour ce qu’ils sont, des expressions d’image. Alors Arman joue avec ses images sans tomber dans la caricature du bon mot, car lorsque qu’il façonne un paysage, Arman ne laisse pas le hasard lui gâcher l’horizon, s’adjugeant le mot de rigueur (fuir (la belle échappée) / entre les lames) comme une légion d’honneur antinomique du poète qu’il est. Une torture volontaire que de vous parler d’un disque qui lui au contraire des papiers de votre serviteur ne tombe jamais dans la facilité ou dans les élucubrations souvent vaines, un disque qui fera date dans la chanson d’ici, un disque qui prend le risque d’être un monument sans s’imposer. Chef d’œuvre.

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