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En autant d’années qui nous séparent d’une forme de naïveté bien normale, je n’ai jamais rêvé meilleur fin de décembre, comme une apogée, un point final magistral. A la réception de l’objet, car ce ep est déjà un objet, un double 45 tours magnifique sous toutes ses coutures, une forme de vibration c’est produit. La pochette m’a rappelé mes vacances d’enfant, ces photos improbables sur lesquelles nous jouions avec nos cousins, nos sœurs, cette époque de notre vraie insouciance, celle consciente déjà du côté très ténu de la vie, mais aussi de la proximité avec les responsabilités accrues. « Brother ep » est juste le meilleur disque de mon année, celui qui m’aura fait basculé dans un monde qui m’est chère celui de la mélancolie souriante. François est un français vivant à Bristol. Là bas il a laissé le trip hop, préférant la pop se mariant plus facilement à cette voix, croisement entre Nico et Stuart Murdoch. En écoutant ce disque c’est d’ailleurs à Belle and sebastian vers qui mes pensées sont allées, et surtout à cette phrase « All I wanted was to sing the saddest songs If somebody sings along I will be happy now », sauf que Stuart nous mentait, et moi aussi, car « Brother ep » est certes un disque mélancolique et « Night Lights » peut être la plus belle chanson de l’année, mais l’énergie de « The Way To The Forest » et « Tracey Emin » est positive, comme si les enfants de l’autobus à impérial n’avaient pas reçu d’éducation et fricotaient plus avec Huckleberry Finn qu’avec Harry potter. Savant mélange de chansons rythmés et de passage plus calme voir plus sombre (« Hiver » est habité de quelque chose de monstrueux), ce Ep connait son épilogue avec « Women Wearing Coats », petite merveille sautillante au texte renvoyant le cinéma de manuel Poirrier dans les cordes, car ici Julie est devant nous, et personne n’est caché malhabilement derrière la porte pour mentir sur la trame scénaristique. Avoir la chance d’écouter ce disque alors que les fêtes battent le plein (avant la chute rions un peu), c’est comme une bouée de sauvetage quand tout risque d’aller mal, une raison de croire encore à presque tout, surtout en François et the atlas mountains. Ode magnifique, disque pop lumineux, mélancolie dévastatrice et porteuse de sourire, il n’en faudra pas plus pour chercher le disque de cette année 2008. There is no-one what will take care of you…sauf ce disque