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Alors que le grand duché vient de connaître son heure de gloire footballistique en allant gagner en terre helvète, c’est une nouvelle fois chez l’excellent label luxembourgeois Own que l’on trouvera des raisons de placer le bonheur profond dans un compte en Suisse les périodes où nous en sommes dépourvues. Taughtime est donc la nouvelle merveille et trouvaille de nos amis, un disque qui sait que la lumière n’est pas le fait de l’homme, ou alors de façon artificielle, l’homme lui prenant un malin plaisir à se prendre pour le créateur. Lady commence bien sur par se régler avant un morceau à étape. Ce « dearest » est une ballade initiatique, comme si Sigur Ros abandonnait les secondes étirées. « gather » est le petit frère de « dearset », une introduction tapée de mains, une pure merveille, comme si Arcade Fire se laissait envahir par la simple beauté d’un paysage. Avec 4, on continue les étapes, celle-ci menant vers l’extase. Bjork s’est transformée ici en Homme, laissant de côté ses minauderies parfois lassantes. Le point culminant du disque arrive avec 5, une ballade boisée tout en accident en saut dans des ruisseaux, à flâner dans une forêt magique. Lady la chanson titre arrive alors, s’ouvrant sur une grosse voix et ensuite touche une forme de grâce que l’on ne croise guère que lors d’une improvisation pendant une veillée. En incorporant des souvenirs de ce qui a pu être joué pendant le disque (« gallop ») Taughtime approche le dénuement, passant repassant, jusqu’à élaguer l’inutile pour la substantifique moelle de 8. Taughtime finira par s’engluer dans les vapeurs de sa création, trouvant le panache de reprendre l’un des thèmes du disque sur « please » mais au fond d’un lit pour ne pas tomber sous le joug des parents. Les clefs du coffre ne sont pas bien gardées, et je m’empresse de vous en donner la combinaison. First lady.




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