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En s’amusant la musique a le droit de s’épanouir sans code. Les notes sautillent sur les portées alors que les mélodies s’effilochent ou se mettent en mouvement pour mieux faire briller l’instant. Des instants lumineux ce disque de Chapi Chapo en est rempli. On pourrait parler pour ce disque de la rencontre entre Pascal Ayerbe, Robert Wyatt et Comelade dans un cinéma muet. Très slave la musique de Chapi Chapo est une compagne aussi désirable pour la joie que pour la tristesse et les pleurs. Les mélodies semblent se construire sous nos yeux entre les bruits et les notes, laissant au chant, à l’image de Mark Liknous, le beau rôle de faire plonger cela dans un trauma qui se constitue de fêlures. Il est aussi difficile de parler de ce disque que de tenter une analyse de l’œuvre de Murnau de manière optimiste. L’enfance est à l’égale de la sagesse, lunaire et touchante face à sa propre, et minimale éternité. Chapi Chapo c’est beau.