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  • 3 mars 2008 /
    Keren Ann
    “nolita”

    rédigé par Tommy
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Si Keren était un nuage, j’y verrais le frisbee lancé entre deux amis un soir de novembre, quand l’herbe se fait glissante et les ombres enveloppantes. Dans la foulée du chef d’oeuvre Lady and Bird, sobre et planant duo avec son collègue de Bang Gang, voici donc le quatrième solo pour Keren. Dés les premières notes de "Que n’ai-je", on comprend qu’il faudra encore attendre quelque peu pour une livraison guillerette, mais sous quel autre prétexte ne pas désirer Keren et sa chère voix douce amère, son petit côté je-m’amuse-mais-le-coeur-n’y-est-pas-pour-autant ? D’autant que ce nouvel album, tout de nappe céleste vêtu, respire le grand air et poussera inévitablement l’auditeur slow food à l’envol tout sourire vers la main adverse, alors que l’obscurité s’épaissit encore davantage et que bientôt peut-être, il faudra cesser de se chercher l’un l’autre pour rentrer à pas légers à travers les rues désertes, le coeur encore battant.

A moitié chanté en français, à moitié en anglais, l’album de Keren est une équation entre compositions classiques telles que déjà appréciées sur les enregistrements précédents (L’onde amère, Midi dans le salon de la Duchesse) et sonorités davantage Lady and Birdiennes pour des titres longs et apathiquement classieux comme on les aime (Nolita, et le retour de Bardi Johannson sur You and I). L’instrumentation se veut feutrée, l’électronique discrète, les paroles sussurées, et la part est faite belle aux cuivres, harmonicas, pianos, tous plus enjoués les uns que les autres. On peut bien penser à M83 sur One Day Without You ou à l’inévitable Suzanne Vega avec la basse de "Le Fond et la Forme", mais inutile de se triturer à détecter d’autres influences : Keren Ann fait du Keren Ann, point. Les termes "l’une des meilleures représentantes de la nouvelle chanson française" vont sans nul doute à nouveau abonder, mais ceux-là seront une fois de plus loin du compte, tant les racines de madame Ann sont à puiser en terres folk blues, voire même certains accents countrysants à l’occasion.

En bref : une mixture tendre et charmeuse pas forcément accessible dés la première écoute, mais le bonheur d’à nouveau avoir une complice avec qui jouer à distance, dans l’herbe glissante ....




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