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  • 3 mars 2008 /
    Autechre
    “gantz_graf”

    rédigé par O.W.
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Derrière le bizarroïde nom Gantz_Graf se cache le dernier ep des électroniciens anglais Autechre, de chez Warp Records. Groupe qu’il n’est de toute façon plus besoin de présenter, vu qu’ils sont devenus, au fils des albums, une référence incontournable de l’électronica, constituant un des piliers du label warp.

Dans ce nouveau mini-opus, autechre pousse encore plus loin dans la déstructuration du son, s’appuyant toujours sur des rythmes chaotiques, où l’identification d’un son devient d’une grande rareté. Conservant sa froideur sur l’énorme morceau d’ouverture gantz_graf, autechre nous pond là une brève pièce approfondissant encore le travail du précédent confield, nous plongeant dans une confusion troublante, où la dernière rambarde à laquelle s’accrocher devient la répétitivité des sons. Mais point d’ennui chez autechre, alors qu’on n’a même pas le temps de se dire que le titre tourne en rond, on passe au second. Plus limpide et articulé plus clairement, Dial. N’en reste pas moins un titre d’une grande froideur. Un thème principal autour duquel se greffe en gravitation divers grésillements, beats éphémères et autres bip-bip étranges. Bref, du vrai autechre, toujours aussi intriguant, et de plus en plus intéressant.

Car cette recherche du non-musical, poussée de plus en plus loin à chaque enregistrement, rend le groupe de plus en plus passionnant, on se demande comment ils pourront faire mieux que la fois d’avant, et sans en connaître la réponse, on constate qu’à chaque fois, ils le font. Sur cet, on a tout de même l’impression que les anglais se sont rattachés à cet objectif : remplir davantage d’espace sonore. De sorte qu’ils possèdent une plus grande profondeur.

Le 3e titre, face-b du vinyle (je le possède sur ce support), on découvre quelque chose de nouveau. Plus que de fasciner, autechre étonne. Alors que le morceau démarrait sur le mécanisme habituel, vient se greffer un son lointain, un synthé, une voix étouffée - par moments - se font entendre. Et là, derrière la barrière de froideur, on accède à des sentiments dans la musique du groupe. Puisque ce vestige lointain de ce qui pouvait constituer une chanson jette un psychédélisme planant et inquiétant sur le titre. Même le beat semble s’affoler : alors qu’il constituait des sortes de bip-bip de jeux vidéos, il s’accélère et devient très agressif, de sorte que le morceau se termine au bord de l’implosion, dans une tension inquiétante.

Espérons que cet ep nous annonce en quelque sorte les couleurs du prochain album, car, une fois de plus, quelle réussite !, en nous offrant les deux aspects de celui-ci : la déstructuration poussée à son comble ainsi que cette touche émotionnelle, doucement inquiétante, à la fois proche et très éloignée de ce qu’on peut trouver dans le travail de boards of canada. Espérons qu’avec ça, la prochaine livraison pourra surpasser le suprême confield de 2001, mais, jusqu’à présent, à chaque album, autechre a fait mieux, alors…




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