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  • 11 janvier 2008 /
    New order
    “Waiting For The Sirens’ Call”

    rédigé par Kowalski
    2 votes
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Le premier rapport avec un album est toujours avec la pochette. Jusque là tout va bien, et tout le monde suit. Mais le premier rapport avec un album de New Order se fait par l’intermédiaire d’une pochette de Peter Saville, designer et graphiste attitré du groupe, et là tout se complique. Comme à son habitude, c’est-à-dire dans un savant mélange d’escroquerie et de génie, le bonhomme a concocté, pour illustrer le successeur au splendide " Get Ready " ce No orange sur fond blanc, aussi à sa place ici que Benoît Pedretti en équipe de France. Toujours plus loin, donc, dans la sobriété absconse, qui lui est propre. New Order se serait-il donc senti un âme de groupe politisé, en cette période rigolote de référendum sur la constitution européenne et serait-il devenu un parangon consciencieux et actif du " Non " ? Ah la bonne blague, restons sérieux. A quoi New Order dit-il non alors ? Eh bien justement, à rien du tout, justement ; New Order ne renonce à rien de ce qui a fait sa formule, sa force, sa propre caricature. Pour le meilleur et (parfois) pour le nettement moins bon. Le moins bon, c’est ce vilain ventre mou au coeur de l’album, ces deux ratages bodybuildés que sont " I told you so ", blague dance-reggae (où l’on se retient pour ne pas commettre un attentat sur la dénommée Dawn Zee qui nous refait , comme sur l’intro de " Crystal ", le coup du gémissement sous-RnB), et " Morning Night And Day " qui renvoie au New Order de la plus mauvaise période, celle de Republic. On évitera soigneusement aussi ce " Jetstream ", du vaguement groovy mais vraiment chiant avec Ana Mantronic des Scissor Sisters.

A part ça, pour la personne qui comme votre serviteur, voit en New Order le plus grand groupe pop encore en activité, l’écoute de " Waiting For The Sirens’ Call " n’est que délectation et jubilation (et ce malgré l’absence avérée d’un grand morceau de la trempe de " Crystal " ou " Bizarre Love Triangle "). New Order ouvre glorieusement avec l’énorme " Who’s Joe ? ", où l’on retrouve ces vieux amis que sont ces synthés magistraux, ces gimmicks de guitares imparables, cette basse aquatique et cette batterie aussi précise qu’un métronome autrichien. C’est un grand morceau de New Order, un de ceux faisant croire, du haut de leur inaccessibilité à une simplicité d’école. Dans le même genre, " Krafty " est un single comme New Order en pond les yeux mi-clos, comptine optimiste et euphorique dont on ne saura finalement jamais si sa clarté est celle de l’aube ou du stroboscope. Avec le morceau-titre, New Order signe l’un de ses plus beaux morceaux depuis " Dream Attack " sur Technique, à la mélancolie si claire et si retenue qu’elle paraît sans fond. Oui, New Order fait du New Order, sans sourciller, sans chercher, il est vrai, à se renouveler, sans prétention de sauver quoi que ce soit. New Order est juste meilleur que les autres. Alors, quand nos amis tentent un morceau punk pour clore leur disque (" Working Overtime "), ils mettent la pâtée à la concurrence et Bernard Sumner explique calmement au monde d’où vient la voix de Bobby Gillespie. Et quand New Order tente " Guilt is a useless emotion" (co-écrite par Jacques Lu-Cont des Rythmes Digitales) rengaine eurodisco aussi kitsch et grossière qu’entêtante et ultra efficace, il est très facile de jouer l’offusqué et de taxer cela de " faute de goût ". Mais depuis quand New Order parle-t-il aux adeptes du bon goût ? Que ceux-ci aillent se recoucher avec le dernier Doves. New Order est contenu tout entier dans ce morceau, tout en précision et en débordements ; à la fois premier de la classe sobre et appliqué et cancre ricanant puant déjà la bière, et dont les blagues grasses font quand même rire toute la classe. Une classe dont New Order se permet en plus d’être le meilleur des profs. .




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