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Sur la pochette d’Aloud, première livraison solo de Signe Hoirup Wille-Jorgensen alias Jomi Massage, deux bandes d’adhésif jaune fixées en travers portent le nom de l’auteur et de l’album et maintiennent un agglomérat de fils fuchsia. Sans en revêtir totalement l’apparence, la masse de fils rappelle étrangement un cœur modelé maladroitement. Laissons vagabonder notre imagination et on a tôt fait de conclure que le cœur de la Danoise s’effiloche et qu’elle le bricole à la va-vite de manière à ce qu’il tienne encore un peu. Jomi Massage irait mal. Un rapide coup d’œil au tracklisting d’Aloud nous conforte dans cette idée : " Bruises And Disasters ", " I See Who Died ", " Is There A Light ? " ou encore " I Blame You All "… Pas folichon. Mais Melle Massage se soigne, merci. Et elle ne sollicite l’aide de personne. Une thérapie individuelle mais à valeur collective à base de rock janséniste rageur, de pop à coloration new-wave ou de folk bricolo " ça je vais l’ faire moi-même et j’t’emmerde ". En guise de guides de conscience vers la rémission, Jomi Massage en appelle à une P.J. Harvey qui écouterait moins Chrissie Hynde et plus Ian Curtis ou aux Cocteau Twins frappés d’amnésie au moment de brancher leur Roland 808. Aloud puise son originalité à la source d’un chant incarné qui dit beaucoup sur les démons de la Danoise et sur ses garde-fous salutaires. Jomi Massage tient debout (" Just Keep Going Straight ") et son album avec. " I See Those Who Died " construit autour d’un motif de violon amer et hypnotique finalement lardé de coups de guitares saturées, " Journal June II " bien plus qu’une chute de studio de Dry ou bien encore " For The Ladies " qui invite au réveil d’une sensualité vindicative chez la femme, s’imposent comme autant de réussites. Parfaitement valable. Et qu’on le dise à haute voix.




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