> Critiques > Labellisés



Cette fois, c’est clair, nous y sommes. Le mois de novembre, la nuit à 17h, les têtes de gondoles Kinder, le dix-huitième mail promotionnel de la semaine pour anticiper les cadeaux de Noël vient réveiller nos angoisses hivernales, bref on rentre dans le dur : l’hiver, le froid, la pluie. Et pourtant depuis quelques semaines, cette pluie, ne m’atteint plus.

Elle n’appelle qu’un sourire, et un refrain entêtant et réjouissant. Celui du second morceau du nouveau projet mené par Ray Bornéo cette fois avec Vestale Vestale rencontrée sur Missives d’Amour de Bleu Russe paru il y a quelques mois.

Sur Les soirs de pluie, éphémère romance cinéphilique Pour Adultes et Adolescents, la mélodie au sonorités électroniques sous influences 80’s et un refrain entêtant ne peuvent que donner envie de sauter dans les flaques avec le sourire aux lèvres.

Cette intensité rythmique communicative qui porte de manière encore plus frénétique Les Garçons d’école de commerce un peu plus loin, est, dans la construction du disque, une des forces majeures. Elle offre en effet un contrepoint lumineux à des textes souvent empreints d’une profonde mélancolie comme sur l’inaugural Les cailloux.

Ce versant sombre prend toute son ampleur, portée par la voix de Olivier Depardon sur Seuls dans le noir qui marquait de sa fièvre le volume 46 de nos compilations paru il y a quelques semaines.

Sur Partir sur une île, à la rythmique plus calme, la voix de Céline aka Vestale Vestale l’impose pleinement et charme sur un texte en équilibre entre désespoir et onirisme, voix encore plus envoutante pour accompagner au loin Gontard telle la Sirène du titre suivant.

Cette ouverture vers un champ aquatique aussi poétique que celui qu’ouvrait pour nous le Capitaine Zissou à bord son Belafonte se confirme sur Retour de croisière porté par le flow de Bleu Russe et une tension cold-wave impeccable.

Jull vient compléter la liste des featuring maison en prêtant main forte à Gontard et Vestale Vestale sur Tout çà pour rien dont le refrain, les boucles électroniques lentes, envoutantes, et la douce torpeur mélancolique qui en émane, en font une conclusion totalement addictive.

Avec cette nouvelle sortie accompagnée cette fois par Vestale Vestale, Ray Bornéo signe une nouvelle totale réussite, et claque avec son gang de doux furieux et ses dix sorties une des aventures musicales & humaines qui a enthousiasmée le cœur de la rédaction d’ADA en 2018 ! Merci & Vivement 2019 !

À noter que Vestale Vestale & Ray Bornéo seront en concert ce week-end avec Jean-Michel Jarret le 16 novembre au Bauhaus à Grenoble et le 17 novembre au Rough Club de Bourg-Lès-Valence. 2 belles soirées Petrol Chips.




 autres albums


 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.