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C’est bien simple : on est époustouflés par la force du duo poitevin, par leur habileté à faire le pont entre plusieurs références incontournables de la scéne noise ou post-punk, de Shellac à Jesus Lizard en passant par les géniaux Sloy. Le nom de leur village d’origine leur servant tout simplement, par-dessus le marché, de patronyme. A partir d’une basse, d’une batterie et de voix qui exhale la même folie que dans le chant d’Armand Gonzales des regrettés Sloy, et en s’appuyant sur une base pop, Florian et Laurent réactualisent tout simplement les géniaux biterrois, à la différence que ces derniers, eux, possédaient une guitare et utilisaient des samples. On retrouve également le côté saccadé de la batterie de Cyril, et le groove de la basse de Virginie. D’entrée, avec " G ", on a l’impression de se retrouver en plein " Electrelite ", puis arrive un " A " à la déraison et au groove irrésistibles. Le duo s’y connaît pour planter une atmosphère à la fois instinctive et maîtrisée, folle et poétique, et joue sur les cassures de rythme avec une habileté diabolique. Mais attention ! Gâtechien possède son identité et ce groupe est tout sauf un plagiaire de Sloy ou des références précitées ; il en tire les éléments qui lui serviront à l’élaboration de ses propres œuvres et au final, on se retrouve avec des compos envoûtantes et très personnelles, telles ce " E " sur lequel les voix se répondent, ce " C " lancinant, menaçant mais qui n’explose que sur la fin, magnifique de retenue. Ou encore ce " H " rythmé et qui ferait se trémousser tout le pays si les habitants en étaient un peu plus connaisseurs et un peu moins frileux musicalement parlant. Et tout le reste, chaque titre s’avérant plus qu’accrocheur pour peu qu’on se donne la peine d’en apprécier les contours. Florian et Laurent faisant preuve d’une maîtrise et d’un génie que beaucoup de groupes soit-disant " confirmés " peuvent leur envier, et surtout, d’originalité et d’une réelle volonté de sortir du moule réducteur et restrictif caractéristique d’une certaine scène. Breaks, accélérations, douceur et colère, sensibilité pop, inspiration à tous les étages et j’en passe ; ce groupe à tous les atouts et quelque part, il est incompréhensible que de tels artistes en restent au stade d’un relatif anonymat. En outre, avec la prod’ de Michel Toledo (Robin Hoods, les géniaux Glasnost, entre autres…), le groupe se dote d’un son aux petits oignons, cadrant parfaitement avec l’esprit Gâtechien, à la fois poppy et débridé. Bref, achetez ce disque ; outre son coût abordable, c’est un véritable concentré de rock changeant dans ses humeurs, addictif et captivant. Et le tout avec deux voix, une basse et une batterie, là ou d’autres, en déployant la grosse artillerie, ne seraient pas arrivés au quart du résultat obtenu ici.




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