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Les émotions sont ce qu’elles sont, nous devons nous en accommoder, qu’elles soient bonnes ou non. Nous devons faire face. Dés lors deux options s’offrent à nous, l’extériorisation par la puissance, presque la fureur, ou le façonnage de celle-ci dans une matière tout en tension. C’est cette mue que le trio composé de Cécile Gonay, Lucile Beauvais et Dominique Van Cappellen-Waldock a entamé pour ce cinquième album, plus de dix après des débuts fracassés et fracassants. Si l’ombre indéniable du «  Dance Hall at Louse Point » de Pj Harvey avec John Parish rode au-dessus de ces chansons, Baby Fire impose son style, nous plongeant tantôt dans des constructions mélodiques, tantôt dans des longues plages sonores sur lesquelles rodent des feux follets. Nous happant de bout en bout (serions nous tétanisés à l’idée de nous déplacer vers la chaine hifi pour éteindre le disque, ou sommes nous sous l’emprise de quelque chose qui nous dépasse), l’album va de surprise en surprise. Outre des immersions dans un style poético littéraire puissant et frondeur (le terrassant « Like William Blake »), le trio nous offre des collaborations avec Laetitia Shériff (avec qui ils partagèrent une scène), Mike Moya de Godspeed You ! Black Emperor, ou encore des mythiques Eve Libertine et G.W. Sok., amenant ces invités dans leur univers.

Dans l’univers musicale contemporain, il est difficile de se faire un nom avec un album au nom maintes et maintes fois usités. Ce « Grace », s’il ne fait pas d’ombre à ses prédécesseurs, les entoure d’un halo d’une brume épaisse et attirante.




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