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À tous ceux que j’entends dire depuis des décennies que la guitare est un instrument du passé, que les jeunes préfères l’électronique, la facilité, que la musique est comme tout le reste synthétisé dans une boite en plastique à qui nous pouvons indifféremment de fermer la lumière, de nous filer la recette des endives au jambon ou de nous mettre un morceau de musique pour faire l’amour. À tous ces gens qui ne connaissent de la musique que la facilité morbide d’une chambre d’adolescent asexué, pour mieux vendre un carré de fromage frais, voici un uppercut du droit les faisant décoller au-dessus des grilles d’une arène MMA.

Avec ses trois guitares qui ne sont pas là pour la décoration, mais pour la « décollation » comme pour employer un barbarisme pour accoucher d’une rime riche. Avec ce chant qui donne aux vagissements d’une scène qui croit plus au bitcoin qu’à la transcendance, une leçon, mettant du frisson partout, de la terreur quand c’est nécessaire, de la dinguerie à chaque instant. Avec cette combinaison, ce tout, agrémenté d’une rythmique psyché qui n’est pas là pour la frise et un habillage sonore qui donnerait de l’ampleur si c’était nécessaire. Avec tout cela, Stuffed Foxes ne fait pas une entrée tonitruante, car pour la faire, il faudrait une porte, mais le groupe n’a même pas pris le temps de dégonder la porte, la dynamitant au même titre que ces murs qui n’ont de porteur que le nom ancien.

Il y a quelque chose qui frôle la démence dans cet album (« First Affront » n’est mentalement pas décodable par le commun des moutons mortels.) qui derrière ses sept titres ne cache rien sauf la poussière que pourrait provoquer ce chaos. Car sous ce fracas démoniaque et addictif, aucune scorie ne transparaît, l’ensemble donnant presque l’impression d’un éléphant qui traverserait à une vitesse vertigineuse une exposition de vases en cristal, sans en casser un seul, prenant même soin de ne pas laisser une seule trace de son passage. Quand « Track 6 » ( ou comment donner un titre simple au morceau...six) est une plage à la délicatesse inquiète, c’est pour nous préparer à ce que nous pressentons être un voyage sidérant (Extended).

« Sabotage » nous avait sidérés à son arrivée, « Luke Glanton » et les autres provoquent ce qu’y s’apparente à un choc comme il en existe rarement (depuis le dernier album de La Terre Tremble ?), une résurrection pour ceux qui pensaient la six cordes morte, une confirmation pour ceux qui n’ont cessé d’y croire. Machiavélique, mélodique, épique, en un mort Monumental.




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