> Critiques > Labellisés



Si The Notwist fait partie des groupes qui réussissent depuis les années 90 (…) à maintenir un niveau d’excellence qui donne parfois le vertige ( Close to The glass avait atteint les mains sur le guidon notre Top10 de l’année 2014 et reste une source d’enthousiasme instantané à chaque fois qu’il passe sur la platine) il est fort à parier que la capacité des frères Acher et de leurs comparses à s’ouvrir sans cesse à de nouveaux horizons culturels et musicaux y est pour beaucoup.

Le nombre des collaborations que le groupe et ses membres ont fait émerger en parallèle est là aussi assez vertigineux (Console, Lali Puna, 13&God, Ms John Soda, Rayon...) et tout aussi recommandables.

Pour la seconde fois en quelques mois, Markus Acher renouvelle sa collaboration au sein de Spirit Fest avec Cico Beck de Aloa Input, Mat Fowler de Jam Money et le duo japonais Saya et Takashi Ueno de Tenniscoats.

Sur Anohito qui prend la suite de l’éponyme Spirit Fest sorti en 2017, il ne faut que quelques secondes de Anohito (Till The Gate) pour tomber sous le charme instantané des boucles de guitares envoutantes, accompagnées de notes de claviers et tintements légers sur lesquels la voix douce et émouvante de Saya Ueno vient se poser pour nous projeter dans les méandres d’une balade contemplative, onirique et immédiatement réconfortante. Mode Repeat1 On.

Une telle chanson inaugurale peut parfois laisser craindre un essoufflement rapide sur la durée (au demeurant très courte puisque l’ensemble des 7 morceaux dépassent à peine la demi-heure). Crainte vite repoussée car les ponts que les membres du groupe parviennent à tisser entre la science métronomique des rythmes et hybridations électroniques du versant européen, une forme de solennité ancestrale japonaise et une curiosité partagée de chacun des membres du groupe pour l’expérimentation formelle contribuent à se sortir de cet écueil avec aisance.

Les écoutes successives révèlent ainsi des subtilités de compositions et d’arrangements, déroutants par instant (Ueno The Future), qui permettent de contourner avec brio la simple mignonnerie kawaï sur Yuri’s Zahn ou la classique balade folk sur Fête De Départ ou Look At The Colours. Un peu comme si Fassbinder venait apporter une touche de perversion et d’ambiguïté dans la pureté formelle et émotive du cinéma de Ozu.

L’abyssal instrumental Bye Bye et Takeda No Komoriuta, relecture d’un chant traditionnel japonais sur lequel la voix de Saya Ueno envoute comme le plus troublant des fantômes de Kiyoshi Kurosowa, offrent un final sublime à une collaboration qui mérite bien plus qu’un simple statut de substitut au manque notwistien. Mode Repeat All On.




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.