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La rapidité avec laquelle un disque est chroniqué ou non sur notre site est une donnée que nous sommes toujours incapables de promettre à celui ou à celle qui nous communique son ou un disque. Il y a le nom, le titre, la pochette, et un facteur sur lequel le disque n’a pas d’emprise, l’humeur du jour, la couleur du ciel et l’envie de découvrir ou de retourner dans le confort des certitudes.

Quand en ce samedi matin, oùma postière m’a livré les disques du jour au milieu des factures pas encore dématérialisées et des bagues de pacotilles gagnées, car la vie est pleine de belles surprises, l’envie était de racler les fonds de textes, de rincer les pages manuscrites dans le train la semaine, mais pas vraiment de découvrir, de m’éloigner de ma zone de confort noisy pop after punk bizarro math post machin, enfin vous voyez. Dans la petite dizaine de disques un EP d’une certaine Louise Thiolon. Je devine sans entamer des recherches que le visage habité (comme un personnage du Van Gogh de Pialat) est celui de Louise, et une vidéo me le confirmera, le sourire comme source de lumière supplémentaire. Pas vraiment le visage d’une statue, Louise va pourtant provoquer chez moi une sorte de fixation du temps, comme si je me figeais à l’écoute des cinq titres et de la ritournelle de « Le Goût du Chagrin » qui me happe. Pas de feuille de presse juste un petit oiseau (courageux ?) comme guide de cet univers dans lequel la chanson française picore ses plus jolis moments. Chez Louise rien d’insolite, sauf peut être d’apprendre que « La Neige tombe au Printemps », mais pour quelqu’un comme moi qui sait qu’il y a déjà eu de la Neige en Été sur les terrasses où nous sirotions des diabologums, rien de choquant. Subtilement arrangées, les chansons de Louise sont comme des brises fraiches qui viennent vivifier nos oreilles confortables dans le bruit et le fracas d’un monde qui nous oblige probablement d’essayer d’en faire plus que lui. Louise nous propose sur des mélodies immuables des histoires, utilisant surtout les verbes des sentiments plutôt que ceux de l’action, nous couvrant de douceur et de mélancolie.

Avec cette rencontre qui nous parle pourtant de « Pluie », notre ciel (celui virtuel qui change dans nos têtes) s’est dégagé, car avec Louise, le goût du chagrin s’en va. Merci, Louise, pour ce joli moment.




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