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Décidément, My Lady’s House habite dans une bulle. Une bulle où il fait bon vivre. Car si, jusqu’à présent, quelques fêlures enrobaient cette musique paradisiaque d’une sourde inquiétude, ce quatrième album (déjà) est le plus lumineux des Bisontins. Cohérent dans sa démarche (une pop-folk dégraissée de la moindre note en trop), Far East est un bel ouvrage qui prône la discrétion : les mélodies sont là, toujours aussi limpides qu’auparavant, mais elles se chuchotent, se déploient l’air de rien ; le disque semble enregistré à la maison mais il possède un œil vers le grand large. Finalement, qu’est-ce qu’un grand disque de folk ? Si l’on s’en tient à la définition proposée par My Lady’s House, peut-être une collection de chansons qui évoqueraient tout autant l’intimité du chez soi que le souffle de Mère Nature. Du quotidien, on touche à l’universel.

On aime également My Lady’s House pour la proximité qu’évoque sa façon d’appréhender la sonorité. L’auditeur ressent le toucher des doigts sur les cordes, la respiration d’une voix, l’espace entourant les compositeurs. Le silence entre chaque note est également une note. Entendre claquer une porte n’étonnerait personne. Mais cette épure n’a rien de somnolente. La pop, quoi qu’il arrive, demeure la grande obsession du groupe. Comme hier, on pense à Elliott Smith, à Tarnation, voire à McCartney.

Sous forme d’artisanat modeste, humble donc chaleureux, My Lady’s House poursuit son chemin. Ceux qui adoraient confirmeront leur allégeance. Ceux qui découvriront, avec Far East, se feront de nouveaux amis.