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Dans ce nouvel album de Malcolm Middleton, on retrouve les textes autobiographiques qui font le fondement des ses précédents albums. La musique, par le passé plus rock, aux arrangements synthétique noise, surprend ici en reprenant tout un panel de sons qui ont fait les jours heureux (ou sombres pour les amateurs de ‘‘musique pas comme les autres’’) de la dance populaire de la fin des années 90. L’utilisation du vocodeur sur Information in the Voice nous emmène là où, différemment, Arab Strap voulait nous laisser : la bouche au bord des toilettes. Heureusement, le reste de la production électro se distingue un peu plus.

À rapprocher parfois de The Notwist et ses ritournelles bien senties qui restent en tête hissées par des synthés efficaces (Brackets), cette richesse mélodique apparait à la fois grave et légère. L’inspiration du songwriter basée sur un réel toujours pesant, contrebalance avec un habillage musical à l’apparence trompeuse bon marché. Il s’en dégage une ironie légère. Certains morceaux sonnent épiques parfois (Like John Lennon), telle une vérité fantasque mêlant réalisme cru et fiction rêveuse, fantasmagorique… Le comparse d’Aidan Moffat n’a pas perdu ses idéaux adolescents.

Cette matière sonore tient autant d’une approche fraiche, que d’un foisonnement parfois trompe l’oeil : Relevant et déjouant les codes de la narration musicale, mais encombrant également la belle écriture intimiste de son auteur. A la fois bon, à la fois surfait.

Summer of 13 qui donne son nom à l’album, est l’exemple type de ce panier expérimental avec basculements de séquences mélodiques différentes les unes des autres, s’enchainant à la première écoute sans logique apparente.

Doit-on regretter l’absence de chansons autrement introverties - une voix tremblotante débutant là sur quelques notes d’un piano boiteux (le sublime Crappo The Clown) - des premiers albums ? Peut-être nous manque t-il la flaque noire où plonger le pied, à la sortie du bar miteux. Cette réalité qui prend à la gorge le buveur bercé par ses chimères.

Néanmoins l’album Summer of 13 a le mérite d’ébaucher pour interpeller sans ennuyer, de proposer une musique électro post-folk riche et luxuriante, en recyclant couches après couches une pléthore de sons et d’effets synthétiques. Aidé par des refrains efficaces, on en ressent une certaine nostalgie autant que du sang neuf.




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