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Dans notre société actuelle, les paradoxes sont légion. Celui qui concerne la musique n’est pas le moindre. De plus en plus de bons disques sortent, mais nous avons de moins en moins de temps à leur consacrer. Ils se faufilent l’espace d’un mois et d’une dizaine d’écoute trop vite balayés par les nouveaux arrivants. Nous avons bon nous y remettre des mois après histoire de faire une bonne compil de voyage souvent le charme est rompu. L’an dernier un disque datant de 2000 nous avait charmé au point d’en faire un des grands souvenirs de 2001. Des mois après le charme reste comme des photos de vacances sépia. Status premier opus d’Elk city devait être un coup d’essais abouti artistiquement mais non transformé commercialement. Début 2002, un mail au sujet d’Elk City. Le groupe est de retour et une semaine après dans ma boite aux lettres un cd comme une carte postale d’un ami proche. Elk city serait de retour pour enfin transformer status ! Indiana qui ouvre le bal va tout emporté. Montée en puissance et lutte fratricide pour une parfaite mise en condition, ce disque va muscler elk city et laisser une fois de plus la joie de Renée à chanter. One and for all dans lequel Elk se fait plus urbain mais dans des habits de paysans. Lou Reed pointe son nez contre une Renée hargneuse. Renée est une amie, et cette amie on aimerait toujours qu’elle vienne vous susurrer dans l’oreille de lui faire un sourire quand tout va mal. Elk city parvient avec une orchestration (certes minimale) à rendre ces lettres de noblesse au duo. Les tindersticks rencontrent le velvet sans broncher. Alors que Renée donne des conseils amicaux, dans un pur plaisir pop, à la rythmique militaire sur don’t fight what you’ve become (sammy’s song), athen botanical virgule bien sympathique elle nous amènera vers une Rosemary faussement douce, vraiment distordu. L’Amérique nous redonne enfin de quoi nourrir nos oreilles. Le meilleure de la noisy pop américaine compilé en un morceau, la voix de renée en plus. Le jeu toujours présent dans les compositions d’Elk city sera synthétisé sur Football. Débordement de tout les côtés, passe en aveugle, geste technique, tout y passe sur ce football déstructuré mais qui fini par aller droit au but………..nos oreilles. Reprise de force chez Kmart une virée noisy pop avec ce brin de mélancolie dans la voix de renée et pause chez Crimson chez qui on pense à Elysean field tellement renée s’y fait lascive. Un repos bien mérité. Puis viens le temps de penser au soleil sur summer song une chanson d’été ou de l’été là est la question, n’empêche on se voit déjà en plein mois de juillet dans une décapotable à chantonner cette chanson saluant le soleil. Bêtement jouissif. Et pour finir la balade back into my life un echo au passé au propre et au figure. Parfait point final à ce disque en forme de promenade de santé (bonne). Chroniquer littéralement un disque relève souvent de l’exploit, remonter des pentes après des gouffres énormes. Pour ce nouveau Elk city rien de tel, le plaisir comme dopant, un plaisir qui frôle parfois l’abêtissement tellement celui rend heureux. Derrière des paroles souvent mélancolique, Renée et sa bande communique le bonheur d’être là. Inutile de dire que ces cartes postales méritent mieux que la foire aux cartes rares. Empressez vous de la mettre dans votre lecteur cd, car l’expéditeur est en passe de devenir le meilleur groupe indé de ces dernières année.




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