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The big Idea, le disque s’appelait ainsi, c’était un accident, je l’avais acheté dans ma jeunesse en 1990, j’étais alors addict a Dave Steward, ses Eurythmics, ses Vegas, ses Spirituals Cowboys, et j’étais entré en trombe chez mon disquaire habituel, j’avais vu ce nom en courant, écris finement sur la pochette a côte du nom de Barbara Gaskin, le design semblait en accord avec les imageries de Dave, sans y penser, je l’avais en poche. Malheur, je découvre en ouvrant le boitier mon erreur, Stewart avec un T à la fin, mer… Et puis tant pis, écoutons, je suis de ceux qui pensent que l’erreur est un plus, écoutons. J’ai fredonné ce titre billions de fois depuis, Levi stubbs’tears, cette voix fine lisse, brillante, cette mélodie narrative, ciselée, magique, ce thème est une ampoule qu’on allume a volonté. J’avoue avoir totalement oublié le reste du disque, mais pas Levi, bien que dernièrement je l’aie laissé de côté.

Cet Après midi, alors que je m’imbibais d’Andromakers et que la lumière envahissais mes oreilles, je me suis levé comme un zombi, je suis allé fouiner dans ce chaos qu’est ma discothèque, et je l’ai retrouvé, et je l’ai réécouté – dans l’ère d’internet, j’aurai eut plus vite fait de Googler pour écouter, mais voila, il y a des choses qui seront toujours physiques, comme l’émotion-. Quelle est la coïncidence, quel est le pourquoi, qui y-a-t-il entre ces deux galettes (ou trois, puisque Andromakers fait coup double printanier). La lumière, en fin de compte, tout ce résume en luminosité, Lucille et Nadège sont douées de brillance, elles ont le pouvoir des soleils, la tranquillité des étés couchés dans l’herbe a voir passer sans soucis les nuages, et découvrir une forme a chacun d’eux, ces petites mélodies câlines, fines, cristal, chaleur, qui grimpent crescendo sous nos peaux, nous sommes en 2013, ça fait donc 23 ans depuis que Barbara me chantait avec sa légère tristesse son Levi Stubb, je viens de revenir en arrière et de retrouver la lueur de ma jeunesse, je ne peux donc que remercier, il est si bon de sentir a nouveau ce rayon d’astre sur le front, de se laisser porter par Father Denis si facile a aimer, qui calme les défaites d’un jour, et montre du doigt les meilleurs a venir, claviers oniriques, voix si proches, et puis découvrir la perle, cette petite chose enfantine, cette boite a musique qui enveloppe les alentours de sa clarté émotionnelle, leitmotiv qui s’incruste comme un bronzage sur nos êtres, qu’on fredonne sans s’en rendre compte en marchant dans les rues, le nez en l’air, tout heureux, agrandissant son emprise sur nos vies a coup de petits plaisirs, Nadège et Lucille doivent simplement être heureuses, enivrées de vie, et superbement douées comme musiciennes pour savoir transcrire les éclats.

Dragonfly est la suite merveilleuse a ces illuminations, un écart plus pop, certes, mais dans cette même quête de la lampe magique, d’un certain bonheur tranquille, easy, frais, je ne m’étonne plus du titre de ces deux lanternes, on sent passer le printemps le long de nous dans le faisceau électrique d’une lampe de poche, a la fois intime et universel. Je suis tout aussi sur que dans vingt ans je fredonnerai encore ces thèmes, à chaque fois que j’aurai besoin de me sentir bien. Petit mot a part, je suis assez fétichiste des remixes de bon gout, et le travail de Mark and Rose ou de La mort de Darius ont pour orgueil d’avoir compris l’enjeu et la hauteur de l’enjeu, et de ne pas avoir défait le charme de ces EP.

Merci pour la lumière.