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Si on enlève post à post-rock, ne reste t-il que du rock ? Pas si sûr, car avec MOUNT STEALTH on a bien le sens du développement du premier (toute mesure gardée), cette recherche de la note ultime et du point culminant. Tout ça sans nuire à l’énergie du second, à son aspect spontané, mais surtout à son but ultime : nous donner envie de bouger nos fesses ! Emballez-ça dans un package esthétique aux codes étranges, intégrant des claviers rétro, et vous obtiendrez un programme composé d’énergie et de mélodie, de recherche et d’immédiateté, uniquement en instrumental. Exercice qui demande un certain talent pour éviter l’ennui. Pari gagné en 6 titres !

Le son est assez brut et nous donne une impression d’immersion complète, soit live soit dans le studio, qui colle parfaitement au disque. On garde au passage un impact rock pertinent.

Dès "1950" on sent comme MOUNT STEALTH cultive sa singularité. Chaque musicien a un jeu chirurgical. Même le son est singulier avec ce mélange organique/électronique dont la pochette nous donne un indice. "Azymuth" a un bon groove et nous laisse en manque de descriptif. On veut trop souvent classer, délimiter...mais ceci dans l’unique et noble but de vous orienter ! Tant qu’on sait s’arrêter avant que ça ne tourne à de la joute journalistique...

Donc ! Leur rock expérimental (oui ça leur va bien) interpelle et accroche. Particulièrement sur "Tortuga" pour ma part. J’adore cette façon de riffer, mélodique et dynamique avec sursauts rythmiques. Je fais un parallèle avec le guitariste de SIX GALLERY. Le parallèle s’arrête là. La montée en puissance du thème vers les 3mn est excellente !

MOUNT STEALTH sonne comme l’heureux fruit d’un improbable croisement. Leur première bouture promet un bel avenir !

Et que dire de la rythmique de "Plus/minus" sinon qu’elle est géniale ? Ce batteur doit aimer Stewart Copeland. C’est marrant mais tout est si limpide que j’ai l’impression d’entendre une ligne de voix, peut être un écho résonnant dans le fond de mon imagination... Et ce plan de fou vers 2mn, basse saturée ultra présente digne d’un groupe de sludge, caisse claire battue sans réserve et délicate mélodie au clavier saupoudrant le chaos !

"Vices" est un délice. Je me régale de ce carrefour d’influences, de cette originalité. Des noms me passent en tête, mais leur juxtaposition relèverait du non-sens. Ne me reste qu’à apprécier librement en laissant "Geronimo" m’ouvrir encore plus large, dans une vraie apothéose sonore, l’espace que dévoilent ces nouveaux horizons.

Encore une fois Chez.Kito.kat a su dénicher une œuvre à son image, lui offrant l’opportunité d’apparaître sous un beau format, un vinyle transparent que j’avais acheté à la sortie. D’où le fait que je me sois aujourd’hui attelé à cette chronique, parfois ça arrive, on nous propose des disques que nous avons déjà, alors on s’y donne à cœur joie. Il est également sorti en cd chez Breakfast. Ce disque fera un malheur dans les cafés pour androïdes ou sur les prochaines planètes terra formées...ou avant, maintenant par ex ! Bonne découverte.




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