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Ils sont beaux nos deux mariés de l’apocalypse intime. Ils continent à jouer avec le feu, prenant celui ci à rebours ayant parcouru les cendres pour maintenant marcher (danser) sur des braises. Il faut dire que Del Cielo c’est chaud, pour preuve la voix de Liz Bastard, sensuelle et venimeuse, bourrasque qui entraine notre imaginaire dans un tourbillon d’idées pas toujours roses, jamais vraiment noires, l’indifférence impossible.

Les ingrédients ne changent pas, nous pouvons croiser à la fois l’esprit de Diabologum, celui de Sonic Youth, la lame d’un objet contendant acérer, un brin de masochisme, de la recherche de l’antinomie, du jeu des mots pour le je des maux intimes, Remué…

Ce qui pourrait être un monologue, s’il l’on excepte l’incursion d’un Dominique A en terrain connu sur « Casoretto », est en fait un dialogue avec l’auditeur, lui même passant peu à peu dans la peau d’un amoureux consumer par des fièvres. L’amour est prétexte à des paraboles volcaniques, jouant avec l’antinomie comme un funambule au dessus d’un torrent de lave, la tête dépourvue d’oreille interne.

Et dans l’amour il y a une grande part de séduction, et celle ci opère avec le duo grâce à un sens mélodique évident. Derrière une carapace qui pourrait être en lambeau si l’on ne la juge que sur les sonorités acérées, se cachent des trésors mélodiques. Chez Del Cielo la modernité n’est pas synonyme de facilité, le son ne se résumant pas qu’à son traitement, le groupe proposant une écriture soignée, strict et parfois sauvagement sensuelle.

Si les bans ne sont pas encore déposés, dépêchez vous de casser les tribunes devant nos mairies, pour annoncer ce mariage fiévreux, avant qu’ils ne soient de retour sur le feu, car Del Cielo remonte l’histoire des cendres jusqu’à son point de départ, la recherche d’une chaleur intime, l’amour brulant. Brulez vous avec nous.




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