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Pendant ce mois de Janvier nous allons nous efforcer de rattraper, tant qu’il est encore temps, les albums que nous avons injustement oubliés, souvent par manque de temps, mais surtout par des priorisassions incertaines. « El Radio » de Chris Garneau est le premier de la liste, et probablement le plus injustement oublié. Combien de fois il m’aura été agréable, mais difficile à la fois d’écouter « The Leaving Song », chanson d’ouverture, sans verser une larme, sans n’y voir que de l’émotion brute, une souffrance ici comme un chant christique, comme une mélopée religieuse. Combien il m’aura été agréable et salutaire de danser, de sautiller, de me voir dans une comédie musicale, de claquer les pieds dans des flaques d’eau savamment disposées sur « Dirty Night Clowns ». Alors qu’Antony and The Johsons continuaient d’usurper son monde avec des chansons pas toujours en règles, un jeune homme à la voix angélique et mélancolique nous berçait, comme on endort son enfant en lui racontant des histoires avec une morale qui en dira long plus tard sur sa position dans le monde. Certes Chris pioche dans le passé comme un enfant piocherait dans le pot de confiture, mais comment lui reprocher « Raw And Awake » ? Comment ne pas soulager le piano des notes mélancoliques de « Hands On The Radio » qui serait la plus belle chanson que Cat Power aurait écrit ? Mais pas de pathos et d’ambiance lourde. Non Garneau a certainement été élevé dans un village qui participait au concours de la meilleure fanfare, car il y a dans une chanson comme « No More Pirates » une dynamique que l’on ne croise pas dans les rues bruyantes d’une mégalopole, mais dans un endroit où les festivités sont ritualisées et importantes. Comme un disque d’un enfant seul qui s’inventerait un univers onirique et charmant, Chris Garneau ne dilapide pas une goutte d’émotion, sous pesant chaque effet, bien conscient qu’il pourrait s’afficher comme une vieille femme décrépie et gagner la sympathie d’un monde ébahi par du style. Non Chris est une sorte de Daniel Johnson, un Daniel touché par la grâce. D’une beauté simple.




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