> Critiques > Labelisés



Est ce un hasard si l’on retrouve le groupe Asyl, le corps dans une piscine. Mais l’album s’appelant « brûle, brûle, brûle » il est entendu que le groupe doit avoir chaud, que le corps doit monter en température. Ce nouveau disque est en effet brûlant, traitant des rapports amoureux complexes, de la dépendance à la drogue des corps, et de la multiplicité de ceux ci quand il s’agit de les unir. Loin de la propension toute française à essayer d’intellectualiser le rock, Asyl adopte une posture plus direct, quasi naïve, qui n’est pas sans rappeler certains textes d’Indochine, mais chez Sirkis c’est plus grave, parler de touche pipi à plus de 50 balais me paraît extrêmement étrange, médecin du cœur pour ado. Asyl est passé à un stade au dessus, comme des chroniqueurs (gros niqueurs ?) d’une post adolescence voyant en l’amour une façon d’écrire une histoire avec son corps. Jamais linéaire le disque nous ballade dans divers lieux et styles. Avec « Les Dieux Sont Des Rois » c’est un son très sixties, comme si Asyl retournait aux balbutiements d’un top of the pop, avec le décorum psyché, et les jeunes filles en fleur découvrant les capacités d’une simple mini jupe sur des jambes fines et effilées., « La Triste Histoire De … » c’est La triste histoire de Bugs Bunny ou la rencontre des Breeders et du psychédélisme crade, le tout sous les bons offices d’un Tex Avery sous psychotrope ou encore de la poésie froide (Dans La Ville) qui n’est pas sans nous rappeler celle de Houellebecq. Attention aux suicides possibles chez les âmes fragiles, cette chanson vous renverra à votre propre médiocrité face à ce que la société vous dicte depuis votre enfance. Comme un parrain, Daniel Darc posera sa jolie voix sur « Ne Plus Y Penser », rappelant que Taxi Girl cherchait tout à la fois le garçon, et la façon la plus implacable de parler des corps. Car c’est la conclusion de ce disque, si l’on parle souvent de la difficulté pour un écrivain d’écrire sur l’amour physique, Asyl en parle de façon crue, voir pas toujours fine (J’Etais Perdu), mais parle avant tout du désir et de la difficulté de contenir celui ci, même quand l’amour et déjà possible. Un âge des possibles, un disque qui ne fait pas l’économie des comparaisons (Comme Un Glaçon), un disque entre la bande du drugstore et des nuits fauves sans violence gratuite. Le rock français est vivant, et ses attributs sont au garde à vous.




 autres albums


 interviews


 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.