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Peter Jackson avait beau inclure de la poésie dans son King Kong, il manquait à sa version le lyrisme prégnant de la version de 1938. C’est peut être en considérant cela, que We are unique records n’a pas voulu sortir la rencontre d’Angil avec King Kong was a cat sur un support numérique, mais plutôt sur un joli Vinyl, tout autant objet que vecteur sonore. Ceux sont quatre titres, entre relecture et appropriation qui jalonnent ce ep, dans lequel Angil aurait mangé le Gorille, qui je vous le rappelle était un chat, n’en perdant pas une bouchée avec le velours de l’intérieur de ses pattes. De plus en plus dans une démarche d’orateur rap, Angil se sert des mots comme des boules d’un billard qui n’aurait pas de trou. Les syllabes amies servent d’aimant à des phrases qui existent pour leur sonorité. Angil mange le singe, le singe mange aussi Angil, l’incluant dans un film pour un dialogue impressionnant pour son frisson, comme sorti des histoires du cinéma de Godard. C’est Angil qui ici est dans la cage, dans un labyrinthe duquel il sera difficile de sortir, sans se servir du trampoline qu’est la rythmique de KKWAC. Jamais loin de Gorillaz, comme une lignée logique dans les livres de biologie qui n’accrédite pas le créationnisme, ce disque se démarque par son aspect tout aussi poisseux qu’aérien, un pied sur le trottoir l’autre dans le caniveau dans lequel Soul Coughing s’abreuvait. A l’air du tout numérique le « yes i do » est une réponse en noir et blanc à la question de manger l’existence. Le laboratoire We are Unique records provoque le désordre dans ses fioles, sauvant son patrimoine par des mélanges de génie, fixant droit dans les yeux les humides pleurnicheries de l’époque lui assénant un asshole non dépourvu d’une poésie moderne. Vibrant.




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