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Soyons honnête : ce nom ne m’a jamais évoqué quoi que ce soit avant la sortie du documentaire DIG !, réalisé par Ondi Timoner en 2005, qui relatait l’histoire de Brian Jonestown Massacre ainsi que des Dandy Warhols, deux groupes présentés alors comme animés par un esprit de révolte et de création. On vous laisse au passage le soin de juger du bien fondé de cette allégation. Bref, sans ce mini buzz et un concert chaotique aux transmusicales de Rennes, où Anton Newcombe (le tyran aux manettes de BJM) passa le plus clair de son temps à insulter le public, je n’aurais sans doute jamais jeté une oreille sur Take It From The Man, laissant du coup de côté l’un des meilleurs disques de noise des 90’s. Car Anton Newcombe a beau être un peu con, il n’en est pas moins dénué de talent. Après s’être rappelé au bon souvenir du Velvet Underground et de The Jesus And Mary Chain, BJM sort de son mutisme discographique avec ce My Bloody Underground enregistré sous la houlette de Mark Gardener (Ride). Baignant dans le néo-psychédélisme et le shoegazing, l’album convoque une nouvelle fois le Velvet (Bring Me The Head Of Paul McCartney, Infinite Wisdom Tooth) aux côtés de My Bloody Valentine (Just Like Kicking Jesus). Véritable maelstrom sonore bénéficiant d’une production saturée (ou inaudible pour les plus réticents), My Bloody Underground marque des points sur Who Cares Why et Automatic Faggot For The People, deux fulgurances dignes de figurer au répertoire de Bardo Pond. Si on peut reprocher à BJM de se disperser, We Are The Niggers Of The World et son piano incongru font ainsi office de pièces rapportées, on déplorera surtout un manque de relief qui traduit une certaine monotonie. Bref, à l’image de son concepteur, My Bloody Underground ne fera pas l’unanimité.