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Qui n’a pas croisé la voix et la guitare de Will Oldham au moment de la sortie de there’s no one....ne pourra certainement pas comprendre les mots qui vont suivre. Alors que Portishead, Beck et Buckley sortaient quasiment simultanément leur premier album (eh oui il y a eu des périodes plus que bénies) un quatrième larron débarquait avec la peau sur les os, une fleur de lys sur un bras, une guitare famélique et les chansons les plus terribles jamais entendues depuis Johnny Cash. Si la gorge profonde prenait son plaisir au fin fond de sa gorge, Will Oldham lui à la voix qui pleure. Cette voix mise au service de chansons terribles et belles pouvaient dés lors nous hanter mais aussi nous soigner, nous soulager, nous donner l’impression d’être en vie mais jamais loin de la mort. Depuis plus de dix ans et une demi-douzaine de pseudos, Will Oldham continue sa mission de donner à notre épiderme le droit de se manifester, avec plus ou moins de réussite finissant malgré tout par se disperser dans de multiples projets et des collaborations dans lesquelles le frêle Will prenait toute la place sans bander les muscles juste en touchant plus haut plus vite plus fort. The letting go sera un tournant dans la carrière de notre barbu préféré, un sommet inégalé depuis le fantastique et inégalé hope. Enregistré en Islande, ce disque ne fera pas fondre la glace mais assurément les dernières barrières que nous nous construisions pour ne pas sombrer dans une mélancolie définitive mais reposante malgré tout. Accompagnées d’une voix féminine tout aussi fragile et prenante que celle de Will, les chansons de the letting go charment par leur simplicité mais aussi par des orchestrations qui ne dénaturent pas celles-ci. Du fantastique strange for a life, au surprenant cursed sleep (un Will quasi crooner imbibé), c’est la plume aussi de Will qui est de retour, celle capable de vous faire chialer rien qu’à la description d’une cuillère à café, celle qui fait que depuis plus de dix ans il ne se passe pas un jour sans que la voix de Will vienne me rassurer l’espace de quelques minutes, celles importantes qui font que nous nous tenons encore debout, cassé mais debout. La beauté des choses à son paroxysme. Indispensable comprenez-vous.




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