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Le changement dans la continuité. Vidé de sa substance politico-publiciatire, ce manifeste semble bien convenir à la qualification rapide de Bem-Vinda Vontade. Prenant la suite d’Obrigado Saudade paru l’an dernier sur Fat-Cat, cet album en conserve l’esprit aventureux mais s’en détache dans les moyens de le servir. Exit les machines welcome les cordes de guitares en nylon et la batterie frappée par la main de l’homme (ou plutôt les mains de l’homme sauf dans le cas particulier du batteur de Def Lepard qui n’apparaît cependant pas ici). Adam Pierce se charge donc de jouer la plupart des titres et convoque différents talents à l’occasion : l’Islandaise Anna Valtysdóttir en congé provisoire de Múm prête sa voix sur un " Nights Wave " tout en circonvolutions post-rock ouateuses et Ikuko Harada s’entend sur " Ground As Cold As Common " (imaginez un train lancé à grande vitesse dans la forêt tropicale costaricienne avec à son bord My Bloody Valentine qui croiserait le fer avec un groupe de flamenco andalou !). Bem-Vinda Vontade explore cent pistes, y renonce dans la même seconde puis s’y engage à nouveau en modifiant son approche : l’auditeur glisse donc d’un shoe-gazing pas chiant à un folk pour Derviche tourneur avant de rejoindre la piste (plus ou moins) balisée d’une noisy-pop où la pop trompe le noise avec les musiques traditionnelles. Le tout conserve pourtant une homogénéité sans faille. Adam Pierce connaît les lieux et ne perd aucun de ses pèlerins en route ; mieux encore ils les éveillent à la grâce (" Warm Hand In Farmland " et " Passing And Galloping ", les deux temps forts de ce disque). Un album magnifique donc qui emprunte autant à Tortoise qu’à Kevin Shields, à la bossa qu’à l’indie-rock. Bem-vinda chez Adam Pierce.




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