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On imagine aisément une fumée s’évader avec lenteur d’un cendrier posé nonchalamment sur un piano. Un verre aux empreintes de lèvres tape la discute avec une bouteille d’un alcool ambré que l’on ne boit qu’avec la précaution que nous pouvons nous accorder. La lumière est discrète, mais nécessaire. Les cravates sont nonchalamment détendues, les nœuds eux ne forment plus qu’un long ruban sans uniformité. Autour du piano des chaises en bois et des instruments de musique qui ne disent pas leur âge. Pour mettre en vie tout cela, Paddy Sherlock, sa classe naturelle qu’il aura promenée tout au long de sa carrière, empruntant des chemins de traverses pour se nourrir d’autres breuvages. Les chansons sont intemporelles (« Bye Bye Baby Blue » et sa mélancolie qui se fracasse) , elles aussi se promènent entre les clubs brumeux de New York, le swing et l’art du chant grave et soigné de fin de soirée. Elles sont là comme des vignettes d’un passé qui pensait aux mots avant de s’apitoyer sur les maux, laissant le spectrale à sa place, avançant dans la lumière en y injectant un voile tout aussi pudique que détonateur d’un désir à créer. Produit par Jeff Hallam et Brisa Roché, « Dusk » ne déborde en rien, il rentre comme on fabrique de la haute couture, laissant quelques coutures dépassées, car la nuit, le noir chasse les imperfections que nos jours finissent par nous imposer avec un sadisme brûlant. Avec son trombone et sa voix des conteurs-chanteurs, Paddy Sherlock signe un disque de contrebande qui se partage à plus de six, si loin des couleurs, si proches de la vie. Classe.




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