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  • 3 janvier 2019 /
    Beak>
    “>>> ” (Site)

    rédigé par G.Newman
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Il y a dix ans, quand Geoff Barrow se lance avec Billy Fuller et Matt Williams dans le projet Beak>, ce dernier est rapidement présenté comme le side project d’une moitié de Portishead.

En 2018, et même si Will Young a succédé à Matt William dans la composition du trio, ce troisième volet, non seulement permet au projet d’égaler Portishead en nombre d’albums sortis, mais surtout marque par sa constante envie d’expérimentation, de ne pas se répéter là où l’imposant Third avait marqué un coup d’arrêt (probablement) définitif dans la carrière de Portishead.

À y regarder de plus près, il aura fallu 6 ans pour que cet album prenne forme, 6 années où le groupe n’a jamais réellement cessé de développer ses bases de rock instrumental dominé par une batterie et une basse entêtante, et une voix qui au fil des disques gagne en présence notamment depuis l’impeccable Split EP BEAK KAEB où le spokenword clair et direct de Jonwayne faisait merveille.

Si ces éléments forment toujours la clé de voute de >>> comme l’atteste notamment après l’ouverture The Brazilian l’impeccable Brean Down, ce troisième disque intensifie les orientations hypnotiques, planantes, sous l’effet de synthétiseurs sonnants très 70/80 notamment sur Birthday Suit, Abbots Leigh ou Teisco, morceaux à l’intensité cinématographique immédiate entre science-fiction et épouvante, quelque part entre le Under The Skin de Jonathan Glazer et ce que accompagnerait idéalement ce que pourrait être en 2019 un bon remake du Suspiria de Dario Argento.

Depuis le tube dance-floor Sex-Music paru en 2017, le penchant pour un plaisir dansant plus direct (bien que restant insidieusement pervers) du groupe n’est plus à prouver. Cette immédiateté est là aussi un des traits caractéristiques de ce disque notamment sur le totalement épileptique Allé Sauvage, RSI, ou le presque caricatural King of The Castle.

En concluant ce troisième volet par le sublime When We Fall, morceau démarré sur des inspirations de balade à la ligne claire, aux cordes élégantes et qui, dans sa dernière ligne droite se voit pervertir par une base rythmique de nouveau plus dynamique comme un nouveau symbole d’une force de projection vers un avenir ouvert et libéré, Geoff Barrow, Billy Fuller et Will Young signent un disque dense, riche, varié, bref, euphorisant et absolument indispensable en 2018. Vivement le prochain > !




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