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Ce disque fait parti des oubliés qu’il est temps, in extremis de réparer. Mais bon, Courtney avait elle besoin de cela ? l’avis d’un pauvre chroniqueur qui était jusqu’à présent passé à côté d’elle, en dépit d’un superbe article de Matthieu Malon. C’est vrai, qu’abusivement et c’est probablement l’âge, j’ai vite élaboré une forme de tableau de rangement des nouveaux artistes, avec des têtes de colonnes qui parlent aux anciens (nous les quadras) et qui finissent par aboutir à la maladie la plus contagieuse et l’une des plus inquiétantes de la vieillesse, le c’était mieux avant.

Pour Courtney Barnett, sans rien avoir écouté, je classais le jeune femme dans la colonne portant le titre Cat Power, ce qui est aussi stupide que de se présenter un soir au Masque et la Plume en descendant un livre en ayant les pages 45 à 112 en diagonale.

Quand ce nouvel album est arrivé, il a vite rejoint la pile des possibles entre les probables, les peut être et les « s’il me reste trois semaines à vivre et que je ne veux décevoir personne, ni même un attaché de presse ». Et puis j’ai repensé à l’article de Matthieu Malon (on écoute quelqu’un qui a enclenché un projet aussi jubilatoire que Songs for Chris), et j’ai posé le disque sur la platine, ne comprenant pas pourquoi 3 jours aprés je ne l’avais toujours pas retiré, multipliant à l’infini, au grand damne de mon entourage, l’introductif « Hopefulessness » source d’un plaisir que je n’avais pas connu chez une chanteuse depuis les premiers efforts de PJ Harvey. J’étais donc déstabilisé, ne sachant à quelle colonne me vouer, refaisant mon tableau en essayant de combiner des cases m’empêchant alors de faire le tri quand il pouvait se faire.

Le disque s’imposait à moi, me clouant au sol, les épaules dans l’impossibilité de s’échapper de cette suite de chanson pop rock comme autant de standard (le sublime « Need a Little Time » en tête de liste) que la jeune femme alignerait sans faire preuve une seule fois de faiblesse en jouant les rempailleuses.

Ce disque pourrait au même titre que « Bakesale » ou « Slanted and Enchanted » se placer tout en haut d’une colonne….non j’arrête avec mes tableaux, en vous précisant en plus qu’avec un disque comme celui-ci, il est diaboliquement évident que l’on est pas prêt de faire une croix sur cette musique pas tout à fait comme les autres, mais complètement pour tout le monde, pour peut que l’on fasse abstraction de ses préjugés, et à mon âge nous en avons pleins. En amour.




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