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Le Finistère semble être une source inépuisable de groupes rock, aux étiquettes diverses telles que garage, punk ou post-grunge, et dont certains ont déjà eu les honneurs d’une chronique de par chez nous (cf. Serpent). Quelques médisants affirmeront peut-être que c’est à cause du climat hostile, que quand il peut à verse, il ne reste plus qu’à jouer du rock si l’on veut éviter de sombrer dans l’alcool... Ce qui n’est pas totalement exclu.

Mais dès qu’on gratte un peu la couche rugueuse et qu’on commence à s’intéresser à la généalogie de ces formations, on se rend rapidement compte que certains noms reviennent régulièrement et que cette scène prolifique à la pléthorique discographie n’est en réalité que le résultat de relations incestueuses et de croisements contre nature.

LE MAMØØTH ne semble pas échapper pas à cette règle. En effet, le groupe se construit en 2015 sur les cendres des Raiders (quatuor de garage à la puissante voix féminine qui écuma tous les rades de Bretagne entre 2010 et 2012), renforcé par deux MC VIPER (une des références punk-rock du coin et dont le line-up change pratiquement à chaque concert sans que cela ne semble altérer la qualité ni des compos ni des prestations live).

Le pachyderme se fait d’abord la main avec les compos des autres (Ty Segall, Jay Reatard...) avant de se lancer dans la création de ses propres morceaux. Il semblerait que toutes ces influences aient été bien digérées avant d’être recrachées sur vinyle, puisqu’il en résulte 11 titres d’une efficacité redoutable, alternant envolées psyché (Wine (is old men’s milk), So Far So Good), tubes garage-punk (Waiting For More, Brest Baywatch, Cocaïne), riffs classic-rock 70’s (Jacky’s Drinking All Day) et exutoires noisy (Lunatic). Mais les influences grungy 90’s ne sont pas loin (The Bug) et tout mastodonte qu’il est, le groupe ne pourra pas longtemps renier ses racines british avec le très supergrassien (et c’est un compliment) Running Out.

Si cet album ne brille par son originalité (qui peut encore de vanter de nos jour d’inventer quelque chose de nouveau dans la sphère rock garage, après Jon Spencer, Thee Oh Sees ou The Black Keys ?), il rayonne d’efficacité et je dois avouer qu’il culmine au sommet de mes albums préférés de l’année 2017, Running Out y étant pour beaucoup...

J’avoue qu’écouter l’album sur ma platine à volume légèrement au-dessus du raisonnable reste un plaisir absolu, mais je me permets néanmoins d’informer ceux qui n’ont pas le privilège d’avoir une platine vinyle que l’album dans son entière intégralité est disponible à prix libre sur Bandcamp, et ça, c’est quand même drôlement super

Sinon il est chez Bad Seeds (place Guérin à Brest).




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