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  • 11 décembre 2017 /
    Rockomotives 2017
    “Report live #3 - Samedi 28 Octobre”

    rédigé par FLK & PAR
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Et ce qui devait arriver arriva : c’est déjà le dernier jour des Rockomotives… nous n’allons pas encore tirer un bilan, mais à ce moment-là, on se fond dans la ville, on commence à prendre nos habitudes dans les différents lieux, et à se sentir bien dans cette ambiance conviviale et chaleureuse.

C’est aussi l’occasion d’évoquer l’exposition de Jérôme Sevrette qui a duré les 3 jours de ce dernier weekend du festival, à l’espace de rencontres de la cour du cloître. Les lecteurs d’À Découvrir Absolument connaissent et – nous en sommes sûrs – apprécient déjà son travail, tout comme nous qui le sollicitons régulièrement pour illustrer nos live reports. Son exposition, largement appréciée, montre une sélection de son travail de portraits d’artistes, allant de Beak> à Dominique A en passant par Shannon Wright et Yann Tiersen… et tant d’autres illustres musiciens. L’occasion aussi de parcourir ses différentes publications (Hypernoir, Terres Neuves…). Son site officiel

Nous faisons l’impasse sur la diffusion anniversaire de l’album Zaireeka des Flamings Lips en quadriphonie à 13h au Central Bar et arrivons à la cour du cloître pour admirer l’expo photo (Ah ? On en a déjà parlé ?) mais surtout assister aux concerts de Monolithe Noir et Éphèbe. Ce dernier arrive vêtu d’un survet’ bleu / baskets, les cheveux blonds décolorés, accompagné d’un batteur qui lance aussi les bandes. Le chanteur mentionne Joseph, un 3e musicien absent pour cause d’opération, mais on ne saura pas de quoi il joue… Le set dynamique mélange des claviers à consonance eighties ou dance à une rythmique dansante en soutien au chant (parfois autotuné) en français. Il danse et fait se lever le public pour l’accompagner dans sa frénésie communicative.

C’est à une toute autre ambiance qu’on a droit avec Monolithe Noir dont le nom ne laisse présager rien de bien joyeux, ce qui n’est pas pour nous déplaire. En effet, la musique d’Antoine Pasqualini (ex-leader du groupe Arch Woodman) est faite de nappes sombres et de rythmiques souvent lourdes, en constante évolution et laissant divaguer les pensées au gré des vagues de sons. Une projection vidéo de formes esquissées en noir & blanc accompagne le set du belge d’adoption, seul sur scène avec son laptop et ses modules de synthèse analogique qu’il bidouille constamment. Il est très détendu et rigolard, en total contraste avec sa musique qui nous emporte loin.

Le concert suivant se déroule avec l’équipe - déjà présente l’an dernier - de What Comes Around Goes Around qui filme des concerts dans des lieux insolites. N’ayant pu assister aux 2 précédents concerts filmés pour cause d’interviews, nous nous rendons donc cette fois dans les jardins de la maison de retraite Les Tilleuls, au centre de la ville, en bord de Loir, et sous le soleil, bien que l’atmosphère se rafraîchisse… les 4 belges de Mountain Bike installés en cercle dans l’allée bordée de… tilleuls (quelle surprise) balancent un rock à tendance seventies efficace et sans fioritures, avec un son un tantinet garage du plus bel effet. Tout autour le public (de 7 à 77 ans, voire plus) danse, dodeline de la tête en rythme.

Avant de retrouver le dernier round de concert du soir, un petit passage obligé au Central bar pour se réchauffer (On vous a dit qu’il faisait un peu frisquet dans les jardins… ? Ah, oui, pardon). La suite, c’est facile, on prend la direction de la Chapelle Saint-Jacques où nous attend une programmation toujours plus éclectique ce soir.

Et on attaque avec le groupe canadien Mauno (prononcez Mao-no, du prénom du grand-père finlandais de la bassiste), qui remplace "Avec le soleil sortant de sa bouche" initialement prévu et annoncé. D’allure classique, ce quatuor 2 guitares / basse / batterie développe une musique pop pourtant singulière aux harmonies et structures complexes et inattendues. Le chant très mélodique et d’une grande douceur se partage entre Nick Everett (guitare) et Eliza Niemi (basse), les chœurs de l’un agrémentant le chant de l’autre. L’originalité des compositions et des mélodies nous séduit, aidées en cela par un son qui leur rend hommage. À noter que le groupe vient de sortir un nouvel album intitulé "Tuning" chez Idée Fixe records.

Vient ensuite Trupa Trupa, groupe polonais signé chez Ici d’Ailleurs et dont on entend dire le plus grand bien depuis quelques mois. La sortie de leur nouvel album "Jolly new songs" est l’occasion de faire quelques dates en France, avant une tournée plus conséquente en début d’année prochaine. Ils sont 4 sur scène, batterie, basse, 2 guitares dont l’une est assez remarquable puisque son corps est conçu à partir d’un bidon d’huile (ou assimilé) de 10 litres, et qui à notre grand étonnement sonne plutôt bien. Leur musique à la frontière de plusieurs styles (post-rock, noise, pop…) s’articule autour de phrases mélodiques répétitives, parfois lancinantes, mais jamais lassantes. Nous découvrons donc les compositions du groupe en live, mais constatons à regret que le son (il faut dire assez spécial) de la chapelle ne fonctionne pas trop avec les ambiances développées qu’on a pu apprécier à l’écoute de l’album. Une incitation à retourner les voir prochainement.

Au fur et à mesure de leur set, la salle se remplit d’un public plus rap que rock pour accueillir le groupe suivant : Don Choa & DJ Djel, 2 anciens de la Fonky Family qui mettent le feu dès leur arrivée sur scène et entraînent l’audience qui connaît et chante tous les morceaux. On assiste à un ballet de vidéos aux smartphones, l’un d’eux filmant carrément Don Choa à quelques centimètres de son visage. L’ambiance est chaude et bon enfant, et le MC joue bien son office en faisant participer la salle dans une gymnastique couplet-accroupi / refrain-debout sur un titre !

En pleine transition entre les 2 salles (car toi qui a suivi nos reports, tu sais que la soirée se déroule à la chapelle puis au 3e volume), il est grand temps d’évoquer le Rockodeur sous-titré "le fanzine pour les kikous…", une feuille de chou (4 pages A5) quotidienne faite main et photocopiée comportant des articles divers et variés autour de l’actualité du festival, jamais vraiment sérieux, souvent totalement délirant. Et évidemment un must-have pour tout festivalier digne de ce nom.

Et donc, au 3e volume, les 2 frère-sœur Ropoporose tout fraichement revenus d’une date à Vienne (en Autriche) jouent à domicile - et aux rockos pour la 3e fois. Et comme à l’accoutumée, on est embarqué direct dans leurs morceaux indie-pop construits à base de boucles, et aux changements d’ambiances et de rythmes. Ils passent en revue une bonne partie des titres de l’excellent dernier album "Kernel, foreign moons" et d’autres tubes précédents dans un set tout en énergie, joliment éclairé par un (ou une, on n’a pas bien saisi) nouvel·le éclairagiste. Jouissif, as usual

Vient ensuite le cas Bo Bun Fever. Ils sont 4 : 3 gars et une fille très très légèrement vêtue, qui déclame ses textes sur une musique toujours dansante, à grands renforts de claviers eighties et de saxo d’un certain goût (bon, pas le nôtre, faut avouer). L’impression de voir une sorte de cabaret tropical pseudo décadent… avec tout ce qu’il faut de suffisamment suggestif et rythmé pour faire mouche. La chanteuse va dans la salle, le public monte sur scène… Bref. Est-ce la fatigue ? Est-ce l’impossibilité de se laisser aller à ouvrir ses chakras et ressentir les "énergies positives" prônées par le groupe ? Quoi qu’il en soit, nous n’adhérons pas une seconde à leur set et décidons d’en rester là pour la soirée, faisant donc l’impasse sur le DJ set de l’excellent Kemical Kem (co-programmateur des Eurockéennes, d’Impétus, de Génériq… et ancien batteur de Well Spotted !) qui clôturait la soirée de belle manière.

Gasp, c’est donc maintenant l’heure du bilan ? Devons-nous répéter que nous affectionnons particulièrement cette ambiance chaleureuse et amicale, cette impression de se promener dans un petit village familier ? Que cette année comme la précédente (et les autres sans aucun doute, mais parlons de ce qu’on connaît, voulez-vous), le festival nous a apporté son lot de belles surprises, de chouettes rencontres, et du plaisir à retrouver certains de nos artistes favoris dans d’excellentes conditions ? Sans doute oui. Et plus encore. À vous de venir juger sur pièce dès l’an prochain.

Et si vous êtes dans la région Vendômoise, vous pouvez aussi profiter des concerts réguliers tout au long de l’année organisés par l’asso Figures Libres au 3e volume ainsi que le festival "Gare à la Rochette" en juin.

Photos par Jérôme Sevrette sauf Jérôme Sevrette, Mauno & Don Choa / DJ Djel par FLK.




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