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1. Ryuichi Sakamoto "Async"

Depuis ce merveilleux Heartbeat que l’on m’avait offert dans son coffret de lin bleu, chanté par David Sylvian, j’ai adopté ce maestro comme une fontaine de jouvence, celui qui lave les tempêtes et restaure le son dans son parfait équilibre. Je ne parle jamais ou presque de lui ni ne ferait sans doute aucune chronique, parce qu’il n’y a de mots qui arrivent à traduire, parce qu’il y a une intimité entre lui et les oreilles qui n’est pas humaine. Async retrouve la sensibilité, l’effet chair de poule qui me fait exister, la simple beauté des yeux clos dans l’infini monde, le disque qui m’a transpercé cette année, celui qui l’a coloré, épicé et porté aux rêves.

2. Dillon "Kind"

Le parfait équilibre entre sens, ce faisceau de lumière qui s’immisce sous la peau et l’étrange sensation d’être envahi a jamais par ces sons, enregistrement eternel de nos âmes. Pourtant loin des normes, il est enorme.

3. Lou "Le seul moment"

Pourquoi ? Pour tout, la phrase, le déclic, le son caché derrière, le prodige d’écouter ce miroir qui nous ressemble dans toutes ses mélodies, et l’art, l’art dans toute son ampleur

4. Perfume Genius "No shape"

C’est plutôt pour ne pas rater le passage de ce groupe d’un niveau déjà bon a un niveau excellent, une pépite sans tabous, sans complexes, vibrante et luxueuse, ces gens là, messieurs, grandissent comme les serpents du paradis.

5. Rabih Gebeille "Murmuration"

je vous parlerai sous peu en chronique de ce franco-libanais qui est venu me bousculer cette fin d’année, quand au premier morceau d’un disque on n’aime pas mais qu’on se rend compte qu’on l’a écouté trente fois d’affilé, on se penche sur le reste, et on tombe de tant se pencher, c’est un coup d’éclat, c’est un tonnerre en haute mer, mais chut, sous peu je vous explique la folie créatrice de cet artiste.

6. Slowdive "Slowdive"

22 ans, 22 ans pour redémarrer les machines, sortir la tète de l’eau, respirer et se replonger dans l’or liquide. Revoici ces petits hymnes quotidiens et sombres que j’apprécie tant, disque rond, plein, sans taches, sans fautes, sans horaires d’écoutes ou pas, un travail précieux, comme au bon vieux temps.

7. Elbow "Little fictions"

Guy Garvey et sa troupe continuent d’enchanter le monde avec leurs symphonies intimes. Dés la première écoute je l’ai gardé comme protagoniste sur de best off de fin d’année. Disque lumineux, habillé merveilleusement et habité magiquement, beau comme les journées qui s’alignent le temps des vies.

8. Proksima "Diagonale"

Cet ensemble, cette entité a trois têtes, hypnotise par sons et lettres, et enchante par image, un tout, un engrenage ingénié par la sensibilité et l’amour du plaisir, une architecture forte et belle, un projet de haut-vol, d’envolées. Orchestre multi-sensoriel, et l’une de mes plus riches découvertes de cette année, merci, merci mesdames.

9. Kiefer "Manifeste"

L’idée est séduisante et la réalisation surprenante, de ces disques qui se déshabillent a chaque écoute, un projet intime, fait avec caresses et faiblesses, avec amour et temps, qui soulève le front et lève le poing, et de plus, musicalement intelligent et techniquement séduisant.

10. Fever Ray "Plunge"

Du numéro 10 au numéro 13 de ce classement, j’ouvre une parenthèse, quatre groupes-musiciens-chanteurs et surtout artistes de ceux qui vous plantent le couteau a l’endroit même où la plaie ne sait se refermer. Karin Dreijer Andersson et son projet solo (dans l’autre groupe "The knife" je n’accroche pas autant) font des blitzkriegs sur mon échine à chaque nouveau disque. Ce sont des messes claires-obscures, des frissons incessants, des blessures, ce sont des flèches et lances qui font de nous des martyrs dans toute la beauté du sacrifice. J’avais beaucoup d’appréhension pour ce disque, tant je m’étais épris de son travail, la magie continue de croitre dans les sillons de Fever Ray.

11. Loa Frida "Bipolar"

Je crois désormais que les découvrir dans ce panorama français qui manquait de rêve fut l’un de mes plus intelligent geste, c’est puissant, c’est doré, c’est brume et c’est étoilé, ça a les deux faces de la vie, les deux manières d’art, le bien, le mal, et toute la poésie qui se transmet de l’un a l’autre, messages fragiles, mais armures pour les jours d’ombres.

12. Zola Jesus "Okovi"

Signée par Mute cette année, je m’attendais à la voir se calmer (bien qu’elle n’a jamais été très heavy) et bien non, la fraicheur à laisser sa place a la fougue, mais tout se contrôle sous la peau. Nika suis son chemin presque rituel, se sacrifiant sur l’autel du bon gout et de la surprise, froide comme sa Russie et lumineuse comme sa blondeur, Nika s’offre, se donne, j’aime par dessus tout de Zola Jesus la générosité, cette ampleur de ses bras et le monde sans frontière qu’elle explore pour nous. Magnifique production, au passage.

13. Moonya "Eyes"

Dans la même lignée que Zola Jesus, mais sans doute moins charnelle et plus métallique, je veux dire par là que sa fragilité est plus un glaive qu’une rose, j’aime son travail qui pénètre comme la neige cinglante, l’esthétique et l’artistique, Moonya mène un projet ferme, sur de lui, qui adhère aux pores des épidermes, qui plait comme un vice, qui séduit comme une église.

14. Mark Lanegan Band "Gargoyle"

L’élégance So british mais sombre comme l’époque victorienne, un disque fort, lourd de rages et tristesses, mais produit et conduit avec cette finesse saxonne des Appartments ou Rufus Wainwright, un opus classieux et ténébreux comme Mary Shelley re-décorant son salon d’écriture.

15. Mention spéciale que j’espère que le boss autorisera, a Mansetlandia, je sais, je sais, c’est encore une compil, c’est pas neuf, c’est business, c’est de 2016, mais le décalage horaire entre francilandia et l’Ibérie a ses petits problèmes et inconvénients. Manset est grand, si certains rockeurs sont mis au niveau de Victor Hugo ( Comme dirait Chedid " Anne, ma sœur Anne, Si j’te disais c’que j’vois v’nir, Anne, ma sœur Anne, J’arrive pas à y croire, c’est comme un cauchemar, Sale cafard !), si certains sont Hugo, Manset est Rimbaud décuvé, Baudelaire a l’absinthe, Eric Tabarly dans l’infini bleu, Gauguin dans un T2, Helmut Newton en digital, Pompidou en esthète, Gandhi en armure, Thomas Edison dans une panne de courant, Marie Curie avec moustache de mâle, Judas bidouilleur et Saint Pierre clos comme une paupière dans le désordre, et le panthéon a portes ouvertes sur les océans. Oui, je ne suis pas objectif, j’accepterai toutes les critiques et les insultes, puisqu’après, je me mettrai "Fille des jardins" ou "Manitoba" entre les deux sourcils et je m’en amnésierai les plaintes. Manset, c’est la matrice qui m’a fait.





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