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La musique comme besoin, la musique comme nécessité, lumière dans la salle obscure, air dans le scaphandre. La musique comme sherpa de nos faux pas, l’architecture de poutre pour la demeure des émotions. Soley pour astre quand le froid, Soley pour mots quand le silence, Soley, pour enfance quand la ride irrite le miroir. La douceur de la boite a musique pour temps lourds, l’image d’eternels étés quand le déluge. La musique pour ventricule quand le sang recule, la musique pour essence quand l’odorat s’égare. La musique n’est pas une poésie par ses mots, sinon par ses méandres, ces petites rivières qui contournent nos espaces et y laissent le sédiment du temps, la mémoire, l’art du rappel, du déjà vu et toujours su. Les méandres où trempe le pinceau l’islandaise pour y peindre des pigments de nostalgie, des acryliques d’amours, et l’art entier de l’existence. La musique comme cliquetis infime de l’ivoire et l’ébène, matrice, mère de graphisme auditifs, la musique comme créature qui crée, comme album photo et image digitale, l’ancien et le demain, entre lignes de solfèges, la musique, comme explication Darwinesque a nos marches, comme sens de la vie de nos vides, la musique comme vie. Et Soley qui creuse du bout de la délicatesse des ongles, nacre, perles, des terres où poser la joue, et érige des lieux sacrés armés de tendresses, seule arme contre notre jour, la musique comme survie. Alors, quelle utilité pour l’art, quel usage pour Soley ? Celui de l’âme, celui qu’il vous plait, celui qu’il vous faudra, celui qui sera offert, celui qui sera reçu, Soley est vitale comme la jeunesse, comme le souffle, comme la mélodie, Soley est la chaleur sans brulure, le feu sans blessure, un état d’âme forteresse et trésor, la légèreté qui équilibre nos lourdeurs. Pourquoi décrire, pourquoi disséquer le travail de l’islandaise, sinon le savourer, l’avaler comme une mandarine, et ne parler que de son effet étincelant, son état de grâce où il nous plonge. Non, il ne faut pas parler du dernier disque de Soley. Il faut le vivre, puisqu’il faut prendre la musique comme vie, sève et sang, comme cet eternel été que l’on rêve de vivre, dans l’or, dans l’air.




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