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  • 21 février 2013 /
    Neko
    “Radio Edit (EP)” (Site)

    rédigé par Swoo
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Comme leur nom ne l’indique pas (‘neko’ signifie ‘chat’ en japonais), les gars de Neko sont lillois. Et comme leur nom ne l’indique toujours pas, ils sont bien plus loin des Japonais de Mono que des Irlandais de God is an Astronaut (pour ceux qui connaissent), le piano en moins.

En ce sens que ça reste du post-rock (et même on y est en plein), mais ce n’est pas le post-rock suave et délicat tel qu’il est porté par des groupes bien connus comme ceux qui déclenchent des Explosions dans le Ciel, ou par ces Islandais qui parlent dans une langue pleine d’espoir.

Vous l’aurez compris, Neko fait donc partie de cette branche du post-rock qui, si elle le pouvait, pousserait sous la terre plutôt que dans la volupté aérienne de la canopée. Leur musique est là pour contrebalancer le côté idyllique du post-rock afin d’en montrer toute l’angoisse et la noirceur à coups de guitares grinçantes et saturées, ponctuées d’une batterie puissante et enivrante. L’artwork de l’EP (réalisé par Mathieu Drouet et Pierre Philippe), tout de noir et de blanc vêtu, ne fait d’ailleurs que confirmer l’aspect désenchanté de ce post-rock.

Mais arrêter là son jugement serait une méprise car au final, le but qui transpire de cette approche musicale est exactement le même dans les deux cas : atteindre l’apaisement de l’auditeur. C’est donc une démarche cathartique (ou exorcisante, pour les croyants) plutôt qu’un plaidoyer démoniaque prônant l’autodestruction. Les notes cristallines qui parsèment Kookie* (l’un des morceaux les plus violents [avec Mother*$%er] parmi les 5 titres qui composent cet EP) ou le réveil tout en légèreté de cette guitare au milieu de Stony Parker le montrent bien. Le plus violent des orages ne fait jamais qu’annoncer le calme à venir.

Reste qu’il est vrai, le format EP apparaît moins riche ou moins complet qu’un format Long Play. Mais ce n’est qu’en apparence car au final, on va à l’essentiel et le voyage s’en trouve presque plus décoiffant encore ! A vrai dire, on en prend tellement plein la gueule (et les oreilles) que le format court n’est pas plus mal, finalement, car il permet à ceux qui le veulent d’effectuer facilement un second passage. Histoire de profiter encore davantage de ce paysage sombre et décharné, délicieusement apocalyptique.

D’ailleurs, vous en reprendrez bien une petite transe, non ?

* Un hommage à l’explosive pochette de l’album Dookie (quand Green Day faisait encore du punk digne de ce nom) ? Le titre précédent s’intitulant Punky Brewster, ça répond peut-être à la question…




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