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Si internet semble sonner le glas de la musique sur support, enfin les myriades de reportages sur le sujet semblent nous le confirmer, sans lui ce disque n’existerait pas, où il serait le fruit d’une conversation épistolaire interminable, qui n’aurait rien à envier à la mythique partie d’échecs de Woody Allen par correspondance. Si internet tue le commerce du disque, mais aussi la correspondance, il est peut être le premier véritable lien entre les musiciens, le brassage n’étant pas ici un vol, un colonialisme des esprits, mais un échange véritable. Comme on joue à plusieurs à un jeu vidéo, sur différents points du globe, The Limes est un collectif de citoyen du monde, qui via l’échange de mail s’est construit un disque, qui assez étrangement, est d’une cohérence de bout en bout. Aux commandes Brent Ballantyne connu pour sa participation à Toy Fight, rejoint par Orouni et MinaTindle ainsi que John Hale.

Le disque c’est alors construit pour une partie, grâce à des envoies de démos que chacun pouvait modifier, et pour une autre vraie rencontre en Caroline du Nord pour écrire et réaliser le reste. Quand on connaît les égos possibles dans ce genre de projet, pouvant vite se transformer en une recherche de pouvoir, il est notable de ne rien sentir ici, tout le monde jouant le jeu, d’avant tout épater l’autre, de l’aider dans la direction souhaité. Il en ressort un disque folk où les points culminants sont nombreux, une rencontre qui fait bouillir des cerveaux en alertes. Grand disque de partage, ce premier album de The Limes invente une nouvelle expression, l’union fait le talent. Jubilatoire.




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