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Il y a de quoi avoir froid dans le dos et surtout mettre les freins à la lecture d’une feuille de presse. Pour Coming Soon, est mis en avant, la jeunesse que dis-je l’âge quasi enfatin d’un batteur accessoirement auteur et compositeur des chansons les plus incroyables de ce début d’année. Alors que l’Amérique se cherche des candidats pour la grande loterie électorale de la fin d’année, la France offre à ce pays un nouveau groupe culturellement impécable pour redorer son blason. Après les cornflakes heroes l’an dernier, Jocari très récemment c’est Coming Soon de donner une leçon d’écriture dillétante et cultivée. Hasard de l’histoire c’est le même mois que sortent cet album des Coming Soon et le nouvel album de l’ex Pavement Stefen Malkmus, et le moindre que l’on puisse dire c’est que le temps est parfois un ennemi que nous ne pouvions soupçonner si pervers. Les chansons de Coming Soon sont en majoritées des vignettes d’un peu plus de deux minutes, mais deux minutes pendant lesquelles l’intrigue et le dénouement sont couchés avec une rare sincérité. La jeunesse a beau être l’apanage de ce groupe, il y a avec new grids l’impression d’écouter un groupe du début des années 90 revenir après avoir picolé l’introuvable fontaine de jouvance. Maitrisant son sujet musicalement (le disque et un must en matière d’arrnangements et de combinaison des instruments, laissant à penser que les membres ont joué à super mario kart tout en enregistrant le disque. Il y a des collusions, des moments d’acalmie, des moments de génies purs qui combinent tout (bright tides en est un). Tout en gardant un sens de la mesure, new grids est un disque aux effets identiques à ceux de Funeral d’Arcade Fire. Moins épique, plus relaché, le groupe n’en demeure pas moins une roche en fusion qui ne se figera pas en tombe mais en piste de skate. Entre le Jack Nicholson style et private tortures, mon coeur ne balancera pas, il ne choisira pas sauf peut être Big Boy, sorte de titre improbable que Ben Lee aurait enregistré dans son parc alors que ses jambes refusaient encore la stature debout. Morceau chantait comme on racle l’écume de la mer un soir de retour après les vacances, un brin de dépit dans les yeux, et de provocation maitrisée face au refus familial de prolonger le sejour. Coming Soon donc dans votre discothéque, sous peine de vous faire griller l’herbe sous les pieds quand tous vos amis vous parlerons de la dernière soirée passée chez les voisins de dessus, terminée par une reprise collégiale de What You’ve Left Behind après un repas léger et fruité. Si, comme moi vous avez échappé à la confirmation proférée par le curé de votre paroisse, et tendez la joue, un groupe unique pour prendre les deux joues et vous pose un énorme bisous sur le front.