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Ce ne m’oubliez pas, je vous aime qui clôt ce lve ébouriffant du Moz est lourd de sens, car ce n’était certainement pas l’ancien chanteur des smiths qui était sur scène ce soir-là, plutôt ce môme perdu dans sa géographie et dans sa tête, et avant tout perdu sur un axe temporel qui ne lui convient certainement pas. Document personnel au milieu de la foule, ce live donne à Morrissey l’occasion de se livrer (je ne peux pas avoir toujours tord !) mélangeant chanson épique et retour à la discographie des smiths, le Moz catapulte des morceaux comme I like you avec une rage jouissive et proche de l’orgasme scénique. Inutile ici des images pour comprendre ce que le corps répond aux mots, ce que les yeux disent, tout est ici dans le rythme du chant. Il n’en faudrait pas moins pour classer ce live comme une exception, la quintessence de la recherche du document. Criant d’amour pour son public, le Moz excuse tout, et serait même prêt le temps de irish blood, english heart de régler une bonne fois pour toute le sort de ses casseroles. Morrissey chante comme il respire, et l’athlète respire bien, soulagé de pouvoir le temps d’un concert trouver des sensations que la vie ne peut plus lui donner. On en finirait presque par en pleurer si la beauté des choses ne nous rendait pas tout simplement mélancolique à outrance. Magistrale.