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Le retour du Moz était malgré tout attendu fébrilement, et coupons court, ce disque est formidable. Je sais c’est une bien maigre mise en bouche pour cette chronique, où le secret est dévoilé si rapidement, mais que voulez vous, c’est un gros ouf de soulagement pour un fan d’après les Pixies (oui je sais c’est absurde mais à l’époque des Smiths je vomissais le groupe au profit des Pixies), qui chaque jours se prosterne face à sa discothèque rayon lettre S puis le soir rayon lettre M. Si je ne m’arrêtais pas, je vous annoncerais même que ce disque est le meilleur de Morrissey, toutes périodes confondues, tout juste derrière Queen Is Dead. Je me délecterais de ses piques classieuses (america is not the world /irish blood english heart) de cette vraie tension au service d’une pop song attirante (irish bloob english heart). Et puis en fermant les yeux je retournerais 15 ans en arrière, arborant Alain Delon sur la poitrine et voyant en how can anybody possibility know how i feel ? une digne succession et en i have forbiden jesus et come back to camden un mixe entre des deux périodes du Moz. Morrissey loin de son Angleterre arrive à en parler avec ce détachement so british, mais aussi avec cette vision amoureuse, humide et tremblante de ce gosse de Manchester sous ce crachin qui vous mouille en surface et vous endolori les os. Avec sa mitraillette entre les mains, Morrissey est toujours ce gosse de Manchester qui devait découper les articles dans le NME pour les accrocher au-dessus de son lit. En 2004 un môme de cette île en naufrage (dixit le moz himself) a dû coller la photo de Morrissey au-dessus de son lit prenant celui-ci comme son protecteur, comme un grand frère au nez morveux mais à la stature droite et fière. Morrissey est un marquis aux talons élimés, un marquis grisonnant qui réaffirme haut et fort que malgré ses costards voyants il reste ce type qui nous dégoûtait à l’époque des Pixies…15 ans après Morrissey je t’aime.