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Je lisais dernièrement un papier sur la fin de Nick Drake, une fin dans le ton d’un homme et de sa mélancolie plus que le geste d’un auteur que l’on adjuge à la morgue par facilité. Remate n’est pas Nick Drake, il n’en a pas la beauté ni la jeunesse, mais il a de commun avec le jeune anglais une facilité à tutoyer ce que nous pouvons avoir de plus mélancolique en nous, nous faisant perdre le sourire avec une forme de joie, car qu’y a-t-il de plus vulgaire que le bonheur quand son voisin crève la dalle. C’est à la fin de one eyed land 1 que la vérité apparaît, belle et cinglante, la liberté est le mot, free sans chaîne ni laisse, libre. Et libre Remate le sera du début à la fin, côtoyant les anges de l’enfer (chances are) naviguant sur la sécheresse comme il saura marcher sur l’eau. Venant tout droit du classique il en aura gardé l’endurance, et de ses premiers pas avec une guitare il en aura profiter pour donner à son corps le premier rôle. Les guitares sont comme des chiens à qui on laisserait un ressort en guise de laisse, les aguichant (i’m against them all) les faisant devenir fous. Ry cooder, kurt wagner ou Neil Young et même Bob dylan sur un décapant et direct firefly sont des parrains légitimes, mais le mélange est tel que l’on cherche à chaque seconde ce qui a bien pu influencer ces chansons entre le malaise et la quiétude. On y parle tour à tour de lucioles et d’échecs, de dettes et de chapeaux à hélice, on y croise le fantôme de Brenda Kahn (a compass to get lost) comme si tout cela devait pouvoir se mêler. Vingt cinq titres, tous aussi inégaux les uns que les autres, tous ne devant qu’au compositeur, unique membre de cette terre sur laquelle Nick Drake aurait peut être du faire un tour plutôt que de croiser définitivement et tristement son chemin. Un long disque malade et bouleversant.




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