4 février 2015 /Ce lundi 02 février, « Pop, Cultures & Cie » et « A Découvrir Absolument » se retrouvèrent aux « Trois Baudets » afin de saluer le talent hypnotique de Léopoldine HH. Pour les retardataires, rappelons que Léopoldine est le gros coup de cœur des Webzines susdits. Et pas qu’un peu : entière, espiègle, la belle demoiselle, outre un univers totalement atypique (et indescriptible - cabaret poétique ? Chanson be-bop ? Punk à paillettes ?), détient probablement la plus émouvante des actuelles voix françaises. Une sirène qui fait mouche à chaque intonation, qu’elle se produise langoureuse, rigolote, effacée, pas farouche, en Michael Jackson comme en Manset, sous la garde Godard comme sur la place Plath…
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En cette soirée (attendue) magique, Léopoldine partageait l’affiche avec Gauvain Sers et Emilie Marsh. Du premier, pas grand-chose à en dire : chanson française « concernée », un brin revendicatrice, voix Saez. Nul doute que Gauvain Sers est un jeune gars tout à fait sincère qui chante des mots bardés de convictions. Mais bon : pas trop notre came. D’Emilie Marsh, encore moins à en dire puisque, avec Matthieu Dufour, nous zappâmes le concert pour partir boire des bières et féliciter Léopoldine. Du reste, effectivement, nous n’étions là que pour Léopoldine HH…
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Entourée de cinq « boys », jonglant entre piano, accordéon, Moonwalk et Henri Michaud, « her master’s voice » offrit un spectacle comme son « mini CD » le laissait espérer : une autre dimension à mi-chemin entre la féérie et le baume au cœur. Faille spatio-temporelle : souriante et drôle, Léopoldine, en live, invente six idées à la minute, plonge le public dans un havre, se transforme en « Ourse » comme en déesse gospel, se reçoit des confettis sur le visage puis se met à hurler « solo ! »… Il est rare de ne plus sentir le poids du lieu (surtout lorsqu’il s’agit d’un espace aussi rigide tel que celui des « Trois Baudets » - avec l’inévitable commentaire des deux rombières assises derrière nous). Ce fut le cas ici : la personnalité et l’esthétique (ô combien à contre-courant) de Léopoldine remodelèrent notre quotidien en un arc-en-ciel euphorisant, en un joyeux dévergondage qui donne le sourire et permet le plus soyeux des trips… Seul bémol : pressée par le temps, cette queen Humel « née toute nue » ne joua qu’une petite demi-heure forcément frustrante (pas de chansons en allemand ni de titres coécrits avec Théo Hakola - présent dans la salle, tout comme Gwenaëlle Aubry). On comprend ainsi pourquoi certains concerts de Léopoldine HH avoisinent parfois les deux heures : tellement enchanteurs que nous ne voulons surtout pas retrouver la routine du quotidien. Du coup, l’heure du dernier métro fut tristounette ; quoi que boostée par la devise de Léopoldine : « chabada ! »
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Photos by Matthieu Dufour