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Savait-il Justin Vernon quand il partit s’isoler dans sa cabane au fond des bois à la manière d’un Thoreau qu’il relancerait l’esthétique d’un certain folk atmosphérique ?

Il y eut ses copieurs paresseux, ses suiveurs trop respectueux et zélés sur lesquels on ne reviendra pas ici. Il y eut aussi d’autres plus frondeurs qui prolongèrent la démarche pour mieux s’en affranchir comme les méconnus Foreign Fields, l’anglais Sky Is Blue ou le très très beau Low Roar.

C’est chez l’excellent label Fargo, plutôt tourné vers les mélodies boisées (Jesse Sykes, Neal Casal, Chris Garneau, Great Lake Swimmers) que ressort cet album de JBM, "Stray Ashes", déjà édité en 2012 dans une injuste indifférence générale aujourd’hui réparée...

Alors qui se cache derrière ce patronyme en forme de Logo, JBM ? C’est Jesse Bryant Marchant, natif de Montreal et avec deux albums à son actif dont ce torturé et paradoxalement lumineux, "Stray Ashes"...

Rien que la pochette de l’album semble annoncer le programme, d’un côté le toit d’un chalet enneigé face à des sommets blancs, de l’autre, une mer écumeuse sous un ciel plombé d’hiver... Ici nulle trace d’être humain. Plutôt l’omniprésence d’une nature menaçante sans jamais être vraiment hostile tant dans "Forests" que dans "Winter Ghosts".

Les saisons défilent,l’océan s’égare, s’apprivoise et s’éloigne, les feuilles des arbres roussissent et s’envolent, la brise se fait bourrasque cinglante... Nous voyons ces paysages qui étaient là avant nous et le seront encore après nous. Nous les voyons ces paysages érodés par les mots glaçants de JBm... Nous les voyons ces paysages faconnés par ces quelques notes de musique.

Nous étions au sommet d’une montagne avec l’aplomb de ceux qui narguent le vertige et le poids des désillusions. Nous étions sur la face cachée de l’astre blanc espérant en vain voir jaillir une lumière bienheureuse nous réchauffer dans "Moonwatcher".

Nous sommes avec cette petite fille à la cime de l’arbre, nous recherchons l’ombre de son père disparu. Nous nous accrochons auxc branches comme un enfant tend ses bras vers sa mère dans "Crooked Branches". Nous traversons ces images comme des étapes imaginaires de nos vies à remplir.

Nous nous emplissons du regard éperdu de cette femme dans ce lent travelling de "On fire on a tightrope"

"If you find a way and get on your feet one sunny day come walk with me in lonely days on fire on a tightrope"

Nous traversons ces paysages, ces routes et ces images avec JBM à nos côtés... Et soudain... Ce mur face à nous... Cette impasse chaleureuse comme un refuge, un abri où nous nous oublions...




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