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Il y a dans notre monde, des âmes qui vivent encore dans l’autre dimension, et exportent avec un art somptueux, les trésors et denrées que l’imaginaire d’ici est incapable d’imaginer. Le fait que ce soit surtout un domaine féminin n’est qu’histoire de sensibilité (mais les hommes qui traversent ces portes dimensionnelles sont de véritables génies). Il est tout aussi vrai que notre époque tends à créer chaque jours des ouvreurs de portes, plus les temps sont technologiques, plus le besoin est onirique, ce n’est pas nouveau, cela s’appelle contraste vital. Parce que plus dures sont nos parois, plus léger est l’air, plus fortes sont nos croyances, plus légers sont nos vices. Essayez de trouver vos propres contrastes, c’est un jeu de logique. Mais pour autant que croisse le nombre de serruriers d’ici a l’au-delà, le numéro d’artiste ne s’accentue que très peu, relativement, tous ces passeurs n’ont pas le talent suffisant pour nous transporter ailleurs. De celles dont j’ai déjà parlé, Pagan Poetry, Inga Lijstrom, Loa Frida, et de celles dont j’ai hérité, Kate Bush, Bjork, Laurie Anderson (oui, je cite des dames, ne vous inquiétez pas, en tout moment je me garde l’as de parler d’eux), de toutes ces figures, je retiens le don de l’élégance, l’élégance d’user a sa bonne mesure la technologie et le cœur, l’intelligence de la méditions exacte ou presque parfaite, des sentiments et des instruments. Je viens rajouter un nom de plus a ce porte-clefs en forme d’esprit qui accumule les clefs de multiples paradis (ou enfers, suivant la sensation voulue)

Découverte sans vraiment le vouloir en feuilletant les nouveautés d’une app dont je tairais le nom, je tombais des nues sur son titre "Gifted Hands" de son Ep Heaven, titre que je volais tout de suite et sans pudeur pour l’un de mes post quotidien (pause publicitaire). Je tentais donc de m’incruster dans son univers petit à petit, au rythme de l’orfèvre, j’envisageais une passion platonique, une de plus, je suis pluri-passionnel de naissance, surtout au niveau des oreilles. J’essayais la blitzkrieg a camera lente de son art, l’invasion calme de son personnage (est-ce un personnage ?). Je soupçonnais le talent, je suis, en ce moment, propice a parler d’art. Moonya est une one show woman, le woman... le mot femme est important, sans doute le mot le plus important de cette expression anglophone, car seule une femme (ne me jugez ni intéressé ni faux, je continue a penser que la femme a une sensibilité difficile d’atteindre pour l’homme, c’est mon point de vue, l’homme a d’autres vertus, un duo serait une perfection), seule une femme, disais-je, pourrait poser telle voix sur telle mélodie armée d’une idée tant claire de ce qu’est l’émotion. Si, en plus de cette féminité créatrice, elle est studieuse et a pris des leçons de sensations, émotions, tristesses et liesse autant de l’âme des hommes que du cœur des femmes, alors, on s’agenouille, révérence, Moonya a puisé l’essence de l’existence. Preuve en est de ce nouvel Ep. (Heureusement pour mes ongles il n’a pas trop tardé). Moonya est comme un regard intime, comme un air, et comme un tronc d’arbre, chaque écorce passe a être la chair, chaque chair, une expérience traduite en sons, strates a strates, Moonya ne grandit pas, elle s’élève, a chaque chanson elle scrute plus loin, regarde plus haut, et creuse plus profond, Moonya est un tronc d’arbre s’élevant, conscient des racines et de l’orientation de ses branches, tronc de bambou, rien de rigide, flexible aux vents, a l’eau, aux éléments et moments, flexible comme ballet (j’ai l’image, parfois posée sur sa musique, d’un banc de poisson dans l’océan, l’unisson du mouvement, la grâce de l’ensemble, cette valse incessante de pleins et vides). Les titres de Moonya sont ses armures, ses protections face a la réalité, parce que son monde, pour toute écorce qu’elle soit, est intangible, éther et volutes, pour toute chair qui la forme, son univers est onirique, organique, humain. Sa légèreté est un volume lourd de sentiments, son épaisseur est une dimension impalpable, fil d’araignée, fil de couteau. Tous les sons entrent dans ce monde, traverse l’écorce et alimente sa chair, des bandonéons, des guitares affilées, des claviers gelant, et la voix comme protéine, comme sève suprême. Toutes les tristesses entrent dans cet univers, amollissent l’écorce et dissèquent la chair, c’est un lieu froid, cruel et à la fois lumineux (il est clair depuis la nuit des temps que la détresse est la muse des arts):Ors donc, voici le fruit de cet arbre, cet Ep. Intitulé Eye, qui cherche à jeter un œil en dedans de son orbite, sous l’écorce, question de vous faire connaitre les lieux, de vous présenter cet arbre, ses douleurs et lueurs en quelques strates, en tons obscurs teintés ci-et-là de rouges vifs, qui donnent un ensemble bleu. Disque sentimental, de chêne et chair, révélateur et sombre, impossible a réellement décrire entre arbre et iris, entre clair et obscur, sinon magnifique a l’écoute.




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