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Donner le bâton pour se faire battre. C’est ce que je me suis dit en découvrant ce double live de Eiffel. Des postures comme un certain groupe, jusqu’à reprendre ce groupe sur la seconde partie de ce live, une partie aventurière qui le ramène via les écorchés à grands coups d’élastique dans la face. N’y a t’il pas là une reconnaissance, une acceptation de cette lignée une fois pour toute, et préférer cette filiation plutôt qu’une autre. Eiffel assume, et ne reste pas de marbre, " en l’an 2001, on nous trouvait trop maniérés, on nous trouvait trop exaltés, la bande de petits cons ", et sait se mettre en danger en emmenant ses chansons et ceux des autres dans une structure plus complexe mais aussi plus libre, laissant le temps à celles-ci de se mesurer à ses fantômes, ses peurs, ses reproches. La grande force d’Eiffel c’est de coller des mots français sur une musique qui a toujours eu du mal à les accepter, quitte à paraître abscons dans le discours. De son chant à la fois maniéré, à la fois habité, à la fois touchant d’autant de mise en abîme de sa propre condition, se créant son propre inconfort de peur de se le voir imposer. Eiffel ne fait rien dans l’agonie du choix, Eiffel choisit sa vérité quitte à se prendre les pieds dans les tapis d’un discours trop naïf mais jamais gratuit. Rock, car c’est la base de ce disque de feu et de sang, de rage et de douceur, Eiffel est un de ces groupes qui transpire encore, qui porte des habits noirs car c’est ainsi, et qui ne débranche pas sa guitare pour faire pleurer mais pour nous crisper les membres sur une lame de fond qui nous fera mourir à petit feu. Surprise de taille, Eiffel s’impose avec ce live, exercice pourtant souvent périlleux dans sa fonction de document historique, comme une des valeurs sures de la scène rock hexagonale. Les yeux fermés.




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